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Shinzo Abe réélu à la tête de son parti Shinzo Abe réélu à la tête de son parti 

Shinzo Abe poursuit son but ultime: modifier la constitution

Le Premier ministre japonais a été réélu à la tête du Parti libéral-démocrate. Il s'offre ainsi la possibilité de rester à la tête du pays jusqu'en 2021, et d'oeuvrer à la réforme constitutionnelle qu'il veut mettre en place.

Entretien réalisé par Marine Henriot - Cité du Vatican

C'était une pure formalité pour Shinzo Abe: ce jeudi 20 septembre, il a été réélu pour la troisième fois à la tête de son parti, le PLD (Parti libéral-démocrate), s'assurant ainsi de rester au poste de Premier ministre, -qu'il occupe depuis 2012-,  au moins jusqu'en 2021.

Très faible opposition

Shinzo Abe, qui avait été réélu chef de cette formation de droite omnipotente en 2015 sans devoir affronter un quelconque rival, aurait dû renoncer à cette fonction à la fin de son 2e mandat, ce mois-ci. Mais il a proposé et obtenu une réforme des statuts autorisant un troisième mandat. Un seul candidat, l'ancien ministre de la Défense Shigeru Ishiba, lui a cette fois disputé la place, sans succès donc.

Forces d’autodéfense

Durant son nouveau mandat de Premier ministre, Shinzo Abe pourra s’atteler à l'un de ses  principaux objectifs: modifier la constitution japonaise. Le chef du gouvernement souhaite y inscrire l’existence d’une armée nationale, les Forces d’autodéfense, placées sous sa responsabilité. Pour ce faire, il devra changer les termes de la Constitution pacifiste imposée par les Américains au pays à l’issue de la Seconde guerre mondiale. Shinzo Abe promet cependant de ne pas revenir sur l’engagement pacifiste de la charte fondamentale.

Un pouvoir cependant critiqué

Nonobstant une réélection facile, Shinzo Abe fait  face à un vent de critique: c'est ce que nous explique Guibourg Delamotte, chercheuse et maître de conférences au Centre d'études japonaises de l'Inalco. Ses principales mesures, baptisées les «Abenomics» peinent à limiter la déflation. Par ailleurs, l’archipel au 2.5% de taux de chômage fait face à un écart de richesse qui se creuse entre pauvres et riches, des problèmes de dénatalité, la prévention des désastres naturels et les conditions d’emploi des femmes.

L'analyse de Guibourg Delamotte, chercheuse à l'Inalco

 

20 septembre 2018, 07:27