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Le président sud africain Cyril Ramaphosa s'attaque à la réforme agraire de son pays. Le président sud africain Cyril Ramaphosa s'attaque à la réforme agraire de son pays.  

Afrique du Sud: la délicate question de la réforme agraire

Le président sud africain Cyril Ramaphosa s’attaque à la délicate question de la réforme agraire dans son pays. Corriger les erreurs de l’apartheid afin que chacun bénéficie d’une plus juste répartition des terres.

Redonner aux Noirs leurs terres. C’est là tout l’essence de la réforme agraire sud africaine. Une réforme agraire sur la table depuis les années 1990, promise par le président précédent Jacob Zuma et qui revient aujourd’hui à Cyril Ramaphosa. Dans un pays encore fortement marqué par l’apartheid, il s’agit d’une réforme délicate, pour corriger les inégalités dans la répartition des terres, encore bien réelles dans le pays.

Les richesses dans les mains d'une minorité 

Élu en février dernier, Cyril Ramaphosa a promis de «réparer l’injustice historique grave» commise à l’égard de la majorité noire pendant la période coloniale et le régime raciste de l'apartheid.  Aujourd'hui, la minorité blanche, 8% de la population, possède 72% des fermes contre «4% seulement» pour les Noirs qui représentent 80% de la population, selon le président.

Il envisage donc de modifier la Constitution pour autoriser des expropriations sans indemnisation. De nombreux Noirs applaudissent le projet, mais les Blancs s'en inquiètent ouvertement, prenant en exemple l'échec de la réforme agraire au Zimbabwe. Au début des années 2000, le président zimbabwéen Robert Mugabe a ordonné l’éviction de force de milliers de fermiers blancs du pays, précipitant toute l’économie dans la crise. En arrivant au pouvoir en 1994, le Congrès national africain (ANC) avait promis de redistribuer les terres. En vain jusque-là. Seule une infime partie a changé de propriétaire.

Tweet assassin de Donald Trump 

La controverse a pris un tour international en août, lorsque Donald Trump a dénoncé sur Twitter les «expropriations» et les «meurtres de grande ampleur» dont seraient, selon lui, victimes les fermiers blancs sud-africains. La sortie de l'hôte de la Maison blanche sur ce sujet très sensible a suscité de vives réactions en Afrique du Sud. «L'Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent, elle n'appartient pas à Donald Trump», avait riposté le président sud-africain, «qu'il s'occupe de son Amérique, nous nous occuperons de l'Afrique du Sud».

Philippe Gervais-Lambony est géographe, spécialiste de l’Afrique du Sud, nous revenons avec lui sur la question sensible de la réforme agraire.

Interview du géographe Philippe Gervais-Lambony
21 septembre 2018, 09:43