Version Béta

Cerca

Vatican News
Des Pakistanais s'apprêtant à célébrer le 71ème anniversaire de l'Indépendance du pays le 14 août prochain. Des Pakistanais s'apprêtant à célébrer le 71ème anniversaire de l'Indépendance du pays le 14 août prochain.   (AFP or licensors)

Imran Khan au pouvoir au Pakistan, le regard confiant du Père Channan

Alors le Mouvement du Pakistan pour la Justice (PTI), arrivé en tête des élections législatives, entame des pourparlers de coalition, le père Channan, directeur du Peace Center Lahore au Pakistan se montre confiant quant à l’avenir des minorités religieuses dans le pays.

Dans le Pakistan post-élection, les tractations sont en cours pour former une coalition de gouvernement. Le parti Mouvement du Pakistan pour la Justice (PTI), mené par l’ancien champion mondial de cricket Imran Khan arrivé en tête avec 31,87% des voix aux législatives du 25 juillet, est en discussion avec des indépendants et des petits partis.

Parallèlement, une douzaine de formations politiques rivales qui ont rejeté le succès du PTI menacent d'organiser des manifestations contestant le résultat du scrutin sur fond d'accusations de fraudes électorales.

Le PTI a obtenu 116 sièges, selon les derniers résultats partiels samedi, un score meilleur qu'attendu mais en deçà des 137 nécessaires pour avoir la majorité à l'Assemblée nationale pakistanaise, qui lui permettrait de former un gouvernement.

«Les minorités ne doivent pas avoir peur»

Imran Khan a participé à des manifestations exigeant la mise en place de lois controversées sur le blasphème. Pour autant, le père Channan, dominicain et directeur du Peace Center Lahore au Pakistan se montre optimiste quant à l’avenir des minorités dans le pays. «Trois jours avant son élection, il (Imran Khan ndlr) a bien insisté sur le fait que les minorités ne devaient pas avoir peur de son parti» explique-t-il, rassurant, «il accueillera les chrétiens et les hindous». Deux minorités qui feront selon le père Channan leur entrée à l’Assemblée nationale et à l’Assemblée provinciale. 

Le religieux est confiant, rappelant que l’ancien joueur de cricket avait assuré qu’il voulait un Pakistan libre, où tous les citoyens sont traités avec égalité, «sans discrimination basée sur la religion, la couleur de peau ou les castes».

Pour Vatican News, il revient sur les raisons de la victoire d’Imran Khan. Le politique promettait la mise en place d’un état islamique mais selon le père Channan, ce n’est pas là la raison de sa victoire. «Son parti ne prône pas un islam strict, il est plutôt modéré, séculaire».

Personnalité sportive puis politique appréciée des Pakistanais, l’attente des citoyens est grande. Dans un pays rongé par la violence et les attentats (le jour du scrutin un attentat suicide de l’organisation de l’Etat islamique avait fait 31 morts et 70 blessés), le peuple aspire maintenant à vivre dans un pays libre détaille le directeur de Peace Center Lahore, «que la corruption cesse, une égalité des chances pour tout le monde et particulièrement pour les jeunes qui sont éduqués».

Une campagne critiquée par les observateurs

L'ex-champion de cricket a revendiqué jeudi la victoire à ces élections marquées par de nombreuses accusations de fraude et un dépouillement particulièrement lent, après une campagne électorale considérée par certains observateurs comme l'une des plus «sales» de l'histoire du pays.

Le scrutin marquait une deuxième transition démocratique consécutive au Pakistan, puissance nucléaire dirigée par son armée pendant près de la moitié de ses 71 ans d'histoire.

07 août 2018, 11:17