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Un manifestant costaricain contre la présence de migrants nicaraguayens dans son pays, le 18 août 2018 à San José. Un manifestant costaricain contre la présence de migrants nicaraguayens dans son pas, le 18 août 2018 à San José.   (ANSA)

Les migrants nicaraguayens victimes de xénophobie au Costa Rica

Après une manifestation xénophobe au Costa Rica contre les migrants nicaraguayens qui affluent dans le pays, l’évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Managua appelle à la noblesse et à l’esprit fraternel des Costaricains.

Marine Henriot - Cité du Vatican

«Je suis sûr que le peuple du Costa Rica ne manquera pas de montrer sa noblesse et son esprit fraternel à nos compatriotes» du Nicaragua, les mots de Mgr Silvio José Bàez, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Managua, sont optimistes. Sur Twitter, l'évêque auxiliaire de la capitale nicaraguayenne revient sur la manifestation xénophobe contre les migrants du Nicaragua, le 18 août dans la ville de San José au Costa Rica voisin.

«Cela me déplaît beaucoup que certains Nicaraguayens aient souffert au Costa Rica de citoyens costaricains aveuglés par la xénophobie» écrit l'évêque, l'un des protagonistes de la table de dialogue national initiée puis bloquée au Nicaragua par l'intransigeance du gouvernement de Daniel Ortega.

Dans un autre tweet, Mgr Báez demande au président costaricain Carlos Alvarado de ne pas laisser la xénophobie et l’irrationalité salir la noblesse du peuple costaricain «en le remerciant d’avoir ouvert le cœur et les frontières du pays à tant de Nicaraguayens fuyant la répression»

Drapeaux et croix gammées 

Samedi dernier, dans le parc de la Merced à San José la capitale du Costa Rica, des centaines de personnes, qui s’étaient passé le mot sur les réseaux sociaux, ont protesté contre la présence de migrants nicaraguayens dans leur pays. Certains portaient des drapeaux du Costa Rica tandis que d’autres arboraient des croix gammées. Les manifestants ont lancé des cris hostiles contre les migrants et ont voulu en venir aux mains, la police est intervenue et a procédé à des interpellations. Plusieurs personnes arrêtées avaient des antécédents criminels selon le ministre de la Sécurité.

Des violences qui entachent l’image du Costa Rica. «La manifestation a pris une forme qui ne correspond en rien aux valeurs nationales, les discours de haine et les appels à la haine et à la violence doivent être éradiqués de ce pays» a déclaré à la presse le ministre de la Communication, Juan Carlos Mendoza.

Afflux de migrants nicaraguayens au Costa Rica

Ils seraient près de 23 000 nicaraguayens selon le gouvernement à avoir trouvé refuge au Costa Rica. Pour faire face à cet afflux de personnes qui fuient la crise politique et économique dans leur pays, le Costa Rica a fait appel à l’aide de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR).

Au Nicaragua, les manifestations ont débuté le 18 avril, d’abord contre une réforme du système de retraite qui a été abandonnée puis contre le régime de Daniel Ortega. Ses détracteurs lui reproche de diriger le pays de manière dictatoriale. Les manifestations de l’opposition ont été réprimées dans le sang, selon les organisations de défense des droits de l’Homme, au moins 317 personnes ont été tuées et 2000 blessées.

L’influente Église nicaraguayenne s’est érigée en médiatrice de la crise, mais fait face à un président qui s’oppose à toute réforme. Par ailleurs, la Conférence Épiscopale du Nicaragua relate plusieurs épisode de violences envers l’Église, au moins sept épisodes de profanation et plusieurs attaques sur des évêques ont été enregistrées dans le pays d'Amérique centrale.  

23 août 2018, 12:40