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Vatican News
De l'aide humanitaire acheminée dans le port de Berbera au Somaliland le 27 juillet dernier De l'aide humanitaire acheminée dans le port de Berbera au Somaliland le 27 juillet dernier  (AFP or licensors)

Les ravages de la sécheresse au Somaliland

Niché dans le golfe de la Corne africaine, le Somaliland, petit pays désertique, connait sa seconde année consécutive de sécheresse intense. Un changement climatique non sans conséquences sur l’écosystème et l’économie circulaire des paysans nomades de cette république, qui a déclaré son indépendance du reste de la Somalie en 1991.

Entretien réalisé par Delphine Allaire – Cité du Vatican

La funeste sécheresse qui frappe aujourd’hui toute l’Afrique de l’Est trouve son épicentre au Somaliland, où près d’1.6 million de personnes  - la moitié de la population totale - sont menacées par la famine.

«Lorsque l’éleveur Abdullahi Hashi Yusuf parle de la grande sécheresse, il reste digne, pas un reproche dans sa voix, pas de colère contre le destin. Abdullahi juste de comprendre ce qui lui est arrivé, à lui et sa famille. ‘’Nous ne manquions de rien, raconte ce berger de 52 ans. Nous possédions plus de 450 têtes de bétail, et nous vivions confortablement. Nous étions fiers. Il nous reste aujourd’hui trois bêtes. La sécheresse a fait de nous des mendiants.’’».

Jörg Arnold, responsable de la recherche de fonds à la Caritas Suisse, raconte ainsi les péripéties d’un éleveur parmi d’autres du Somaliland. Essentiellement composée de paysans nomades, l’économie et la survie des habitants de ce pays limitrophe de la Somalie et de l’Ethiopie sont en effet basées sur l’élevage d’animaux, rendu impossible par la sécheresse.

Famine, dépression, désastre social, les conséquences de la sécheresse poussent les populations locales à se retrancher dans des villages dits «de réfugiés climatiques» pour résister au mieux.  

Jörg Arnold de la Caritas Suisse s’est rendu près de ces populations. Il nous raconte comment la sécheresse a fait de tous ces paysans en terre autrefois fertile, «des mendiants».

Entretien avec Jörg Arnold de la Caritas Suisse
02 août 2018, 09:57