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Le Secrétaire d'État américain Mike Pompeo. Le Secrétaire d'État américain Mike Pompeo.  (AFP or licensors)

Les États-Unis appellent à «maintenir la pression» sur la Corée du Nord

Dans un rapport remis à l’ONU le 3 août 2018, plusieurs experts estiment que la Corée du Nord «n'a pas stoppé ses programmes nucléaire et balistique», contrairement à l’engagement pris par Kim Jong-un le 12 juin dernier, lors d’un sommet historique à Singapour. Le lendemain, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a appelé à «maintenir la pression» sur le pays, visant tout particulièrement la Chine et la Russie.

Entretien réalisé par Timothée Dhellemmes – Cité du Vatican

La guerre d’intox entre les Etats-Unis et la Corée du Nord continue. Presque deux mois après la poignée de main historique entre Donald Trump et Kim Jong Un lors du sommet de Singapour, un rapport des Nations-Unies estime que la Corée du Nord ne respecte pas son engagement en faveur d'une «dénucléarisation complète de la péninsule coréenne». Même si les américains n’avaient pas obtenu que soit mentionnée la dénucléarisation «complète, vérifiable et irréversible», cet accord avait été accueilli avec beaucoup d’espoir outre-Atlantique.

Dans le rapport onusien, les experts estiment également que la Corée du Nord «continue de défier les résolutions du Conseil de sécurité à travers une hausse massive des transferts illicites de produits pétroliers en mer». En effet, afin de contourner les sanctions internationales, la Corée du Nord achèterait son pétrole au marché noir, et irait chercher son carburant en pleine mer, à l’abris des regards.

La Chine et la Russie visés

Le 4 août, à l’occasion d'un forum de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) à Singapour, Mike Pompeo, a rappelé «l'importance de maintenir la pression diplomatique et économique» sur la Corée du Nord. Ce message était clairement adressé aux Chinois et aux Russes, accusés par Washington d’avoir relâché la pression sur Pyongyang, facilitant les transactions commerciales illégales.

«Nous allons préserver notre savoir-faire nucléaire parce que nous savons que les Américains n'abandonneront pas leur hostilité à notre égard», a répondu le ministre des Affaires étrangères nord-coréen, Ri Yong-ho. Il a estimé que «les Américains disent des belles paroles lorsqu'ils négocient et promettent un avenir brillant, mais n'appliquent pas leurs engagements quand il s'agit de passer à l'action».

De leur côté, la Russie et la Chine ont demandé au Conseil de sécurité d'assouplir les sanctions pour récompenser la Corée du Nord d'avoir ouvert le dialogue avec les États-Unis et mis fin à ses essais de missiles. Les deux pays ont bloqué une tentative américaine de nouvelles sanctions contre Pyongyang.

Les Etats-Unis souhaitaient geler les avoirs de deux sociétés de façade nord-coréennes, d’un fonctionnaire nord-coréen, ainsi que d’une banque russe, accusée d’aider la Corée du Nord à échapper sanctions économiques.

Pour François Godement, directeur du programme Asie du Conseil européen des relations internationales, «si l’on regarde le communiqué final du sommet de Singapour, Kim Jong Un ne s’est engagé à peu près à rien». Selon lui, ce sommet a permis à la Corée du Nord de «gagner une levée informelle d’une partie des sanctions», en reprenant certaines de ses activités commerciales avec la Chine et la Russie.

Entretien avec François Godement
10 août 2018, 18:50