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Le parlement tchèque a voté dans la nuit de mercredi à jeudi 12 juillet la confiance au gouvernement. Le parlement tchèque a voté dans la nuit de mercredi à jeudi 12 juillet la confiance au gouvernement.   (ANSA)

Le Parti Communiste de retour sur la scène politique tchèque

En République Tchèque, c’est la fin de 9 mois d’impasse politique. Le gouvernement minoritaire du milliardaire Andrej Babis a remporté dans la nuit de mercredi à jeudi 12 juillet la confiance du Parlement, 105 vote pour, 91 contre. Une confiance arrachée grâce à une coalition avec les sociaux démocrates et le soutien des communistes, qui suscite de nombreuses réactions.

Marine Henriot - Cité du Vatican

C’est la première fois depuis la chute du rideau de fer en 1989 que le Parti communiste retrouve de l’influence dans la politique tchèque. Les 15 députés communistes ont signé un accord de tolérance pour soutenir la coalition du Premier ministre, en échange de postes dans les entreprises publiques. «Le parlement a donné sa confiance au cabinet», a déclaré le président de l'Assemblée, Radek Vondracek, à l'issue d'un vote intervenu après une séance marathon de plus de 16 heures. 

Andrej Babis, confronté à des accusations de fraude aux subventions de l'UE, s'efforce depuis sa victoire aux législatives d'octobre de former un gouvernement. Le mouvement centriste et populiste (ANO) d'Andrej Babis -deuxième fortune du pays, fondateur du géant agro-alimentaire Agrofert et qui contrôle aussi deux des principaux quotidiens- a largement remporté les législatives d'octobre 2017. Ayant échoué depuis à constituer un cabinet viable, le Premier ministre s'est allié aux sociaux-démocrates pour former un gouvernement minoritaire nommé par le président Milos Zeman le 27 juin. Les communistes, ouvertement prorusses et anti-OTAN, l'avaient assuré de leur soutien informel à son gouvernement.

50 ans après la Révolution de Velours 

Ce soutien suscite des crispations, tout d’abord parce que les PC tchèque n’a jamais fait son mea culpa, alors que le pays commémore cette année les 50 ans de l’écrasement du Printemps de Prague par les troupes du pacte de Varsovie et un an de l’anniversaire de la révolution de Velours.

Une ironie du calendrier qui ne passe pas inaperçue. Petr Fiala, le chef du principal parti d’opposition, le Parti démocratique civil, estime que le retour au pouvoir du parti communiste est un moment très grave pour le pays. C’est aussi l’avis d’une frange de la population, durant le débat des centaines de personnes se sont réunis devant le parlement, jetant des projectiles lorsque le Premier ministre a tenté une sortie.  

Ce nouveau gouvernement a esquissé cette nuit une feuille de route pour les mois à venir: plus d’investissements, des finances publiques saines, et une République Tchèque plus forte au sein de l’Union Européenne. La lutte contre l'immigration illégale, la corruption et le gaspillage figurent également parmi les principaux objectifs du cabinet.

12 juillet 2018, 09:52