Version Béta

Cerca

Vatican News
Des mouvements de la société civile et des universitaires ont convoqué la population à une marche pour les évêques. Des mouvements de la société civile et des universitaires ont convoqué la population à une marche pour les évêques.  (AFP or licensors)

Le peuple du Nicaragua convoque une marche en appui aux évêques

Des mouvements de la société civile et des universitaires ont convoqué la population à une marche pour les évêques, défenseurs de la vérité et de la justice, ce samedi 28 juillet à Managua.

Patricia Ynestrosa – Cité du Vatican

La multiplication des attaques contre l’Église catholique au Nicaragua pousse les mouvements de la société civile à affirmer leur solidarité avec l’épiscopat. Une marche sera donc organisée samedi pour exprimer un appui aux religieux, face aux agressions physiques et aux diffamations orchestrées par le gouvernement. 

Alors que la crise s’enlise au dans le pays, le président Daniel Ortega a affirmé dans un entretien à chaine américaine Fox News que tout revenait à la normale et que les élections se tiendraient normalement en 2021, sans donc procéder à un scrutin anticipé comme le demandent les évêques. Mgr Carlos Avilés, vicaire général de l’archidiocèse de Managua et assesseur de la Commission pour le Dialogue National, dénonce les mensonges du chef de l’État nicaraguayen.

«Je ne sais pas dans quel pays il vit, parce qu’au contraire, cette semaine a été chargée d’une grande angoisse, parce que des gens, des paramilitaires, je suis en train de parler de civils cagoulés, appuyés par la police avec des armes de guerre de grand calibre, vont de maison en maison en attaquant des jeunes et en sortant les personnes, pour les séquestrer. On ne pas dire que ce sont des prisonniers parce que ce n’est pas la police qui les a arrêtés, mais les miliciens cagoulés. Je ne sais donc pas donc de quel pays ou de quoi est en train de parler Daniel Ortega», affirme Mgr Avilés, qui précise que six prêtres de son diocèse sont actuellement menacés de mort.

«Il y a une persécution ouverte contre l’Église. Il a dit que les évêques sont des putschistes et que tous ceux qui appuient les gens qui manifestent sont des terroristes. Et donc, nous sommes tous des terroristes parce que nous avons ouvert humainement et pacifiquement les portes aux gens qui courent, qui fuient et qui sont blessés.»

Une marche pour le 28 juillet

Mgr Avilès dénonce les manipulations de la Constitution par le président Ortega, et continue à réclamer des élections anticipées pour mettre fin à cette crise qui a déjà fait plus de 350 morts. Le dialogue est suspendu, même si les évêques continuent à espérer que le président Ortega acceptera de revenir à la table des négociations. «L’Église sera du côté du peuple avec pacifisme et humanisme radical», affirme le prélat.

Des mouvements de la société civile et des universitaires ont invité la population à participer à une marche de solidarité avec les évêques ce samedi 28 juillet à Managua. Mgr Avilès demande à la communauté internationale d’accorder de l’attention au Nicaragua, car «il ne s’agit pas ici d’une guerre entre deux bandes armées, mais de la répression violente d’une protestation pacifique». Ce qui est demandé, c’est «une démocratisation du pays», pour pouvoir enfin entrer «dans un troisième millénaire de paix, de développement, où il y ait l’éducation et l’assistance sanitaire».

26 juillet 2018, 11:37