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Vatican News
La ville de Bamenda dans la région anglophone du Cameroun. Image d'illustration. La ville de Bamenda dans la région anglophone du Cameroun. Image d'illustration.  (AFP or licensors)

Crise anglophone au Cameroun: un prêtre tué

La situation sécuritaire se dégrade dans les deux régions anglophones du Cameroun. Dernière victime en date: un prêtre catholique, le père Alexandre Sob, curé d’une paroisse de Buea, la capitale de la région du Sud-ouest du pays, abattu vendredi 20 juillet par des individus non identifiés.

Olivier Bonnel - Cité du Vatican

Les conditions de la mort du père Sob ne sont pas claires: selon plusieurs sources, l’ancien secrétaire de l’enseignement catholique du diocèse de Buéa, aurait été atteint vendredi 20 juillet par des balles perdues de soldats camerounais, d’autres estiment qu’il aurait été abattu intentionnellement par les militaires engagés dans les combats contre des séparatistes. Une chose est sûre la situation sécuritaire semble empirer et les religieux sont visés. Le 14 juillet, c’est un pasteur, provenant du Ghana qui avait été abattu par l’armée camerounaise, dans l’autre province anglophone, au Nord-Ouest du pays. 

 

Depuis plusieurs semaines l’Eglise camerounaise ne cache pas sa préoccupation devant la dégradation de la situation. Les évêques exhortent les belligérants à mettre un terme aux violences, pour épargner au pays une guerre civile inutile. Dans un pays qui semble à la dérive, l’Église est pourtant un pôle de stabilité: selon l'ONG International Crisis Group, l’Eglise est même aujourd’hui le seul acteur à même de promouvoir le dialogue entre les insurgés et le gouvernement.

Au moins 160 000 déplacés

De son côté la Caritas s’active, elle a lancé une campagne d’aide au profit des populations des zones anglophones. Selon les chiffres de Caritas Internationalis, le conflit dans les zones anglophones du Cameroun a contraint au moins 160 000 civils à se déplacer dont 26 000 réfugiées au Nigeria voisin.

Les agents de la Caritas soulignent aussi que 95% de ces personnes n’ont à manger que pour trois jours, et signe que la crise est préoccupante, le simple fait de parler angler ou français peut être une raison suffisante pour se faire tuer. 

23 juillet 2018, 17:46