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Le conflit au Darfour se reverse sur son voisin le Soudan du Sud. Le conflit au Darfour se reverse sur son voisin le Soudan du Sud.  (AFP or licensors)

Un Darfour en paix, la vitrine du président soudanais

Après quinze ans de guerre, la région du Darfour dans l’ouest du Soudan va-t-elle enfin être apaisée ? C’est le souhait affiché du président soudanais Omar el-Béchir, il a annoncé jeudi 12 juillet prolonger le cessez-le-feu dans les trois régions du pays en conflit; un cessez-le-feu unilatéral de la part des forces gouvernementales, décrété depuis juin 2016, mais sur place, difficile de vérifier la situation.

Marine Henriot - Cité du Vatican

Ce jeudi, le président du Soudan Omar el-Béchir a prolongé jusqu'à décembre un cessez-le-feu unilatéral décrété dans les Etats en conflit du Darfour, du Nil Bleu et du Kordofan-Sud, a annoncé le palais présidentiel. Depuis juin 2016, le pouvoir a décrété des trêves dans ces trois régions, où des combats entre forces gouvernementales et rebelles ont fait des dizaines de milliers de morts et poussé à la fuite des millions d'autres.

Omar el-Béchir fait de la paix au Darfour sa vitrine, annonçant que le conflit dans l’Ouest de son pays est terminé. En novembre dernier il déclarait qu’il était temps de fermer les camps de réfugiés, et reprochait aux ONG de faire des affaires au nom de l’aide aux déplacés.

Accès limité pour les journalistes 

Mais l’ONU donne une autre version, affirmant que de nouvelles violences ces derniers mois ont encore fait des milliers de déplacés. Des combats entre forces gouvernementales et rebelles qui sont difficiles à évaluer, le régime soudanais limitant l’accès des journalistes au Darfour, une région qui fait tout de même la taille de la France. 

Les violences au Darfour ont éclaté en 2003, lorsque des rebelles d’ethnies minoritaires se sont soulevés contre le président soudanais, l’accusant de favoriser le peuple arabe. Depuis, plus de 300 000 personnes sont mortes, 2,5 millions déplacées. 8 000 hommes des forces onusiennes sont sur place et la Minuad, la force de paix de l’ONU et de l’union africaine devrait annoncer aujourd’hui une diminution de son contigent. Plusieurs membres occidentaux du Conseil de sécurité, dont le Royaume-Uni, rédacteur du texte, souhaitent une réduction progressive et conditionnée. A contrario, la Russie, la Chine et l'Ethiopie veulent accélérer la réduction des troupes de l'ONU avec une fin de mission en 2020, selon des diplomates.

Si le niveau de violence a effectivement diminué ces dernières années, le président soudanais reste poursuivi par la CPI pour crime contre l’humanité commis au Darfour.

13 juillet 2018, 09:39