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Les forces gouvernementales ont lancé l'assaut sur le port de Hodeida le 13 juin 2018. Les forces gouvernementales ont lancé l'assaut sur le port de Hodeida le 13 juin 2018.   (ANSA)

Yémen: la crainte pour les civils dans l'offensive de Hodeida

Mercredi 13 juin, les forces yéménites, soutenues pour les Emiratis et les Saoudiens ont lancé l'offensive sur le port stratégique de Hodeida, contrôlé par les rebelles. Un assaut qui inquiète les ONG, le port est le point d'entrée de l'aide humanitaire.

Propos recueillis par Hélène Destombes - Cité du Vatican

La bataille d’Hodeida, au Yémen, met en péril la vie de centaines de milliers de personnes. Elle a été lancée ce mercredi 13 juin 2018 par l’armée régulière yéménite, appuyée par les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite. L’objectif est de déloger de ce site stratégique les rebelles Houthis soutenus par l’Iran, qui contrôlent une partie du pays, dont la capitale, Sanaa. Les Nations-Unies disent craindre un désastre humanitaire à Hodeida qui compte 600 000 habitants, et rappelle que c'est par le port de la ville que transite une grande partie des importations et de l'aide destinée à la population exsangue.  

Les troupes ont atteint les abords de l'aéroport situé à quelques kilomètres au sud de Hodeida, d'après ces responsables présents à Al-Jah, à 30 km au sud-est de la ville. Une série de raids aériens ont été menés contre des positions rebelles en préparation de l'assaut.

Les civils en première ligne 

Dans la cité même, des résidents inquiets ont rapporté que les Houthis avaient renforcé leurs défenses, creusant des tranchées et déployant des snipers sur les toits. Cet assaut représente une nouvelle menace. C’est ce qu’explique Caroline Seguin, responsable MSF (Médecins sans frontières) pour les opérations au Yémen.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies doit se réunir ce jeudi en urgence à la demande du Royaume-Uni. L’émissaire de l’ONU pour le Yémen, «extrêmement préoccupé par les développements militaires à Hodeida» appelle à la retenue. Il a indiqué ce mercredi être «en contact permanent avec toutes les parties impliquées pour négocier des arrangements pour Hodeida qui répondraient aux préoccupations politiques, humanitaires et de sécurité de toutes les parties concernées».

La guerre au Yémen a fait près de 10.000 morts et provoqué «la pire crise humanitaire du monde», selon l'ONU.

Caroline Seguin, responsable Médecins sans Frontières au Yémen
14 juin 2018, 07:19