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Vatican News au Rwanda : La renaissance du café rwandais

Reportage à Kopakama, dans l'ouest du Rwanda, où la production de café est relancée depuis 2003.

Chaque année la représentation diplomatique américaine en Italie organise, en lien avec les agences de l’ONU basées à Rome (FAO, PAM, FIDA) un voyage de presse, invitant plusieurs journalistes à venir découvrir la réalité du travail de ces agences intergouvernementales dans les pays les plus vulnérables. Cette année, c’est le Rwanda qui a été choisi. Notre journaliste Olivier Bonnel a été invité au nom de Vatican News, avec cinq confrères de pays différents. Du 28 mai au 1er juin, ils ont pu découvrir et travailler sur les problématiques de développement, de pauvreté et de réfugiés de ce petit pays enclavé entre RDC, Ouganda et Burundi, qui fait rarement la une de l’actualité.

                                                                                                                                  

Olivier Bonnel-Envoyé spécial à Karongi (Rwanda)

Les îles fichées dans les eaux bleues du lac Kivu se détachent à l’horizon. La vue est imprenable depuis les plantations de café de Kopakama. C’est ici, dans l’ouest du Rwanda que cette coopérative s’est établie en 1989. Les années 90 marquées par le génocide ont plongé la région dans l’abîme, comme le reste du pays. Les caféiers ont été arrachés, les hommes massacrés.

En 2003 pourtant, la renaissance est en vue : la première production de café sort des bâtiments de la coopérative. Les habitants de la région retrouvent le sourire.

Le gouvernement rwandais a mis la main à la poche pour soutenir Kopakama. Mais c’est surtout le FIDA (le Fonds international de développement agricole, qui siège à Rome) qui a permis une transformation radicale des lieux.

Sous les toits rouges de la coopérative, une machine à laver les cerises de café entre en action, sorte de vieux piston automobile où passe de l’eau à grand débit. Les graines de cafés vont ensuite fermenter dans des bassins puis être séchées sur des grands filets écrasés de soleil.

«Avant les cultivateurs lavaient eux-mêmes leur propre café puis nous nous occupions de la transformation»  explique Gervais Kayitare, le manager des lieux. Mais la qualité n’était pas bonne et les impuretés nombreuses. Le café est tout juste bon à boire dans les villages voisins. «On a fait venir l’eau et l’électricité dans la région, et la machine à laver les cerises a tout changé» poursuit le responsable.

Du café rwandais dans les tasses anglaises

Progressivement, la coopérative a gagné en productivité et respectabilité dans la région. Le café produit aujourd’hui est bio et éco-certifié et fait travailler 700 personnes, dont une majorité de femmes. C’est elles que l’on retrouve à quelques kilomètres dans le hangar où sont triées une dernière fois les graines avant torréfaction.

Les plans de cafés replanté sur les collines de Karongi luttent par ailleurs contre l’érosion des sols, un des maux du Rwanda. Aujourd’hui Kopakama négocie directement son café avec les pays étrangers. Elle le vend notamment en Grande-Bretagne. L’an dernier, onze containers ont été exportés à l’étranger, représentant une vingtaine de tonnes de grains de café.

14 juin 2018, 18:42