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Le 25 mai 2018, les Irlandais se sont prononcés en faveur d'une libéralisation de l'avortement. Le 25 mai 2018, les Irlandais se sont prononcés en faveur d'une libéralisation de l'avortement.   (ANSA)

Vers une libéralisation de l'avortement en Irlande

Dans un référendum historique, l’Irlande s’est prononcée en faveur de l’abrogation du 8e amendement de la Constitution et de la libéralisation de l’avortement.

La majorité des Irlandais a tranché, souhaitant abroger le 8ème amendement de la constitution, introduit en 1983, qui interdit l’avortement au nom du droit à la vie «de l’enfant à naître (...) égal à celui de la mère». Selon les premiers résultats partiels, le "oui" recueille plus de 60% des voix lors d’un référendum pour lequel 63% des électeurs se sont déplacés. 

Le gouvernement va maintenant plancher sur un projet de loi qui, s’il est voté par le Parlement, devrait autoriser l’avortement pendant les douzes premières semaines de grossesse, et jusqu’à 24 semaines pour des raisons de santé. Jusqu’à aujourd’hui, le petit pays de 4,7 millions d’habitants avait une des législations les plus restrictives d’Europe, avec l’Irlande du Nord et Malte. Ces trentes dernières années, ce sont des milliers de femmes qui se sont rendues à l’étranger pour avorter. En 2013, après le décès de septicémie d’une femme enceinte, un décret avait été mis en place, permettant une exception lorsque la vie de la mère est menacée. 

La victoire du oui révèle une fracture dans la société irlandaise. Les personnes âgées de plus de 65 ans ont en majorité voté contre l’abrogation du 8ème amendement, selon un sondage Ipsos/MRBI, tandis que les 18-24 ont voté pour à 84%. 70% des électrices qui se sont rendues aux urnes ont choisi la libéralisation, contre 65% des hommes.

Les mentalités ont profondément évolué depuis 1983 explique quant à lui à l’AFP Diarmaid Ferriter, professeur d’histoire irlandaise à l’University College de Dublin. «A l’époque, le débat était dominé par des voix plus âgées, masculines», explique le professeur, «le profil des militants des deux côtés est bien plus jeune aujourd’hui.»

«Aider le travail de la vie»

Le Vatican, de son côté a exprimé son inquiétude, pour Mgr Paglia, président de l’Académie pontificale pour la Vie, «ce n’est pas un jour de fête». «Nous ne devons pas aider le sale travail de la mort, au contraire, nous devons aider le bon travail de la vie», nous explique-t-il. Pour le président de l’académie Pontificale pour la Vie, il est indispensable de comprendre la «tragédie» que signifie un avortement.

Retrouvez en podcast la réaction de Mgr Paglia, président de l’Académie pontificale pour la Vie.

La réaction de Mgr Paglia, président de l'Académie pontificale pour la Vie

Le 29 novembre 2016, dans la lettre apostolique Misericordia et Misera, le Pape François écrivait: «Je concède à tous les prêtres (...) la faculté d’absoudre le péché d’avortement». Il a cependant répété à plusieurs reprises son opposition de principe à toute légalisation de l'IVG. Dans son exhortation apostolique de 2013, Evangelii Gaudium, le Pape écrivait: «On ne doit pas s’attendre à ce que l’Église change sa position sur cette question, (...) ceci n’est pas un thème sujet à des réformes présumées, ou à des “modernisations”. Il n’est progressiste de prétendre résoudre des problèmes en éliminant une vie humaine. Mais il est aussi vrai que nous avons fait peu de chose pour accompagner d’une façon adéquate les femmes qui se trouvent dans des situations très dures, où l’avortement se présentent à elles comme une solution rapide à leurs profondes angoisses.» 

Hier, Mgr Ivan Jurkovic, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU à Genève a rappelé lors d’une session de l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé), que le Vatican retenait comme irrecevable l’intégration de l’avortement dans les programmes de santé reproductive.

 

 

 

26 mai 2018, 16:22