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Le cardinal Leopoldo Brenes, archevêque de Managua, s'adressant aux médias le 16 mars 2018. Le cardinal Leopoldo Brenes, archevêque de Managua, s'adressant aux médias le 16 mars 2018.  (ANSA)

L’Église lance le “Dialogue national” au Nicaragua

Le “Dialogue national” s’est ouvert au Nicaragua pour chercher à résoudre la crise politique et sociale du pays. Ces derniers mois, une soixantaine de personnes ont péri lors de manifestations liées à l'origine à une réforme des retraites finalement abandonnée. Le malaise demeure profond quant aux responsabilités du pouvoir exécutif dans cette répression, qui aurait notamment frappé de nombreux étudiants.

Organisé au séminaire interdiocésain Notre-Dame-de-Fatima à Managua, ce dialogue s’organise avec la participation du président Daniel Ortega, des entrepreneurs, de la société civile, des étudiants universitaires et des évêques du Nicaragua, qui hébergent cette rencontre.

Les évêques, médiateurs et témoins

Après la présentation de la part des évêques, appelés comme «médiateurs et témoins» dans ce dialogue, le président Ortega a pris la parole. C’est ensuite la société civile a présenté ses idées, puis les étudiants. La vice-présidente Rosaria Murillo, épouse de Daniel Ortega, a déclaré qu’il existe un plein accord sur le fait que «la méthodologie et l’organisation de ce dialogue soient établies par la Conférence épiscopale nicaraguayenne».

Trouver des solutions partagées

Dans le message de présentation prononcé par le cardinal Brenes, archevêque de Managua, la conférence épiscopale affirme : «Nous avons accepté ce défi complexe et difficile et nous nous sommes engagés comme médiateurs et témoins, l’unique mode possible pour réconcilier les plus hautes aspirations de chacun. Nous sommes ici pour trouver ensemble les voies possibles de sortie et les solutions aux demandes et aux attentes, complexes et diverses, mais essentiellement identiques dans leur essence et leur aspiration suprême. À travers le dialogue et l’écoute, nous pouvons aider à construire un monde meilleur, en en faisant un lieu d’accueil et de respect, en contrastant ainsi les divisions et les conflits.»

Les trois points de la mission de l’Église

Le cardinal a rappelé en trois points la mission de l’Église. «L’Église est un pont qui, dans ce cas, relie des points distants ; l’Église est un hôpital de campagne. Nous avons beaucoup de vies à sauver et de blessures à guérir, ne l’oublions jamais : ce qui est en jeu, ce sont les personnes. L’Église est mère. Dans une famille, quand les frères se disputent, la mère est au milieu.» Le cardinal a demandé au président «d’accomplir des pas positifs de bonne volonté pour le succès de ce Dialogue national, en faisant avancer les points que mes frères évêques ont présenté à votre personne dans une lettre envoyée ces derniers jours.»

Garantir la sécurité

De son côté, le président Ortega a déclaré : «Nous avons invité la Commission internationale des Droits humains à accompagner cet effort. Nous demandons aux étudiants la liste de combien de morts et disparus il y a au Nicaragua, et de ne pas utiliser le mensonge. Nous voulons la liste, à remettre aussi aux évêques, et nous leur démontrerons qu’il n’y a pas une seule personne disparue, il n’y a pas un seul prisonnier, ils ont tous été libérés.» Alors que le représentant des étudiants a demandé d’arrêter tout de suite la répression, le président du Conseil supérieur des entreprises privées (COSEP), a affirmé que «la première chose est de garantir la sécurité des étudiants, parce qu’en ce moment c’est une priorité».

 (Avec Fides)

17 mai 2018, 18:58