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Une vingtaine d'ONG demandent à la Mauritanie d'abroger la loi qui puni le blapshème de peine de mort. Une vingtaine d'ONG demandent à la Mauritanie d'abroger la loi qui puni le blapshème de peine de mort.   (AFP or licensors)

En Mauritanie, le blasphème est maintenant puni par la mort

Une vingtaine d’organisations non-gouvernementales de défense de droits de l’homme, dont l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, Amnesty International ou Human Rights Watch appellent la Mauritanie à abroger sa loi rendant la peine de mort obligatoire pour propos blasphématoires.

Marine Henriot - Cité du Vatican

En Mauritanie, tenir des propos blasphématoires est, depuis le 27 avril 2018, motif de peine de mort. L’Assemblée nationale a adopté un texte qui remplace l’article 306 du code pénal, et rend la peine de mort obligatoire en cas de «propos blasphématoires» et d’«actes sacrilèges». Cette nouvelle loi supprime par ailleurs la possibilité de se repentir pour certaines infractions liées à l’apostasie, et ainsi de remplacer la peine capitale par une peine d’emprisonnement. «Chaque musulman, homme ou femme, qui se moque ou outrage Allah ou Son Messager (Mahomet), Paix et Salut sur Lui, ses anges, ses livres ou l'un de ses Prophètes est passible de la peine de mort, sans être appelé à se repentir. Il encourt la peine capitale même en cas de repentir», stipule le texte, selon le ministre de la Justice, Brahim Ould Daddah.

Une loi voté par les parlementaires alors que le pays accueillait sur ses terres la CADHP, la Commission Africaine pour les Droits de l’Homme et du Peuple, qui a déclaré à maintes reprises que les États devaient abolir la peine de mort.

Liberté pour le blogueur mauritanien emprisonné

Une vingtaine d’organisations non-gouvernementales de défense de droits de l’homme, dont l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, Amnesty International ou Human Rights Watch appellent le pays à abroger cette loi. «Les autorités devraient également mettre fin à la détention arbitraire et garantir la sécurité du blogueur Mohamed Cheikh Ould Mkhaïtir», demandent également les ONG dans leur communiqué.

En janvier 2014, Mohamed Cheikh Ould Mkhaïtir, un musulman âgé d’une trentaine d'années, avait été condamné à mort pour avoir critiqué sur internet l’utilisation de la religion pour justifier certaines discriminations dans la société mauritanienne. Le 9 novembre, après 4 ans de prison, sa condamnation a été convertie à une peine de prison de deux ans, après que le blogueur a reconnu s'être repenti. Une décision de la Cour d’appel de Nouadhibou qui avait provoqué un tollé dans cette république islamique du nord-ouest de l’Afrique. Le parquet s’est pourvu en cassation pour réclamer à nouveau la peine capitale, maintenant soutenu par cette nouvelle loi.

Tout au long de la procédure engagée à l’encontre de Mohamed Cheikh Ould Mkhaïtir, des milliers de manifestants sont descendus dans la rue, notamment à Nouakchott et Nouadhibou, pour réclamer sa condamnation à mort et son exécution, selon Human Rights Watch.

 

08 mai 2018, 15:55