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La Malaisie vote pour élire son Parlement, le 9 mai 2018. Vue générale de Kuala Lumpur. La Malaisie vote pour élire son Parlement, le 9 mai 2018. Vue générale de Kuala Lumpur.  

En Malaisie, un scrutin législatif alambiqué sur fond de scandale politico-financier

Près de 15 millions d'électeurs, sur les 32 millions d'habitants que compte ce pays d'Asie du Sud-Est à majorité musulmane, sont appelés à choisir leus 222 députés du Parlement, le 9 mai. Des législatives qui s'annoncent difficiles pour le Premier ministre Najib Razak, englué dans un scandale politico-financier.

Entretien réalisé par Joris Bolomey – Cité du Vatican

Selon un article publié le 2 juillet 2015 dans le Wall Street Journal, Najib Razak aurait reçu sur son compte personnel 600 millions d'euros du fonds public d’investissement 1MDB qu’il a lui-même créé en 2009, à son arrivée au pouvoir. Le département américain de la Justice estime que 3,6 milliards d’euros ont été détournés du fonds souverain depuis sa création, et des enquêtes sont en cours dans six pays.

Face à ce scandale, la contestation gronde dans les rangs même de l’UMNO, l'United Malay National Organisation, parti du Premier ministre. Et la coalition du Barisan Nasional, formée de partis au pouvoir depuis l'indépendance de cette ex-colonie britannique en 1957, a vu sa popularité s'effriter ces dernières années en raison de ce vaste scandale de détournements de fonds.

Une carte électorale redessinée

Un redécoupage électoral effectué en mars a également crée des circonscriptions comportant beaucoup d'électeurs de l'ethnie des Malais, majorité musulmane soutenant traditionnellement la coalition au pouvoir. Des représentants de la société civile ont dénoncé des tentatives de triche de la part de la coalition au pouvoir, affirmant que des millions d'électeurs sans adresse et même des personnes décédées étaient ainsi apparues sur les listes électorales.

Une nouvelle coalition dans l'opposition

Autre difficulté, Najib Razab doit faire face à la candidature de son ex-mentor âgé de 92 ans. Mahathir Mohamad, Premier ministre pendant 22 ans, s'est retrouvé propulsé à la tête d'une coalition de l'opposition, et a fait naître des espoirs de victoire, selon Sophie Lemière, anthropologue spécialisée en politique malaisienne.

Entretien avec Sophie Lemière, anthropologue à l'université d'Harvard, spécialisée en politique malaisienne

 

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08 mai 2018, 08:12