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Vatican News
Manifestation à Abuja, le 14 mars 2018. Manifestation à Abuja, le 14 mars 2018.  (AFP or licensors)

Les évêques du Nigeria appellent à une "manifestation pacifique" le 22 mai

Dans ce pays en proie aux violences intercommunautaires sur fond de conflits agraires, la conférence épiscopale appelle à des rassemblement à Makurdi et dans tous les diocèses du pays, ce 22 mai, afin de dénoncer les violences infligées aux chrétiens.

La conférence épiscopale du Nigeria appelle à une «marche pacifique» dans le pays le 22 mai, contre les violences subies par les chrétiens. Au cœur du problème: l’accès à l’eau et à la terre, disputé entre agriculteurs sédentaires et chrétiens, et éleveurs nomades, en majorité peuls et musulmans. Depuis le début de cette année, plus de 100 personnes ont perdu la vie dans le cadre de ces attaques, selon l'agence Fides.

«Chaque chrétien et tous les hommes et femmes de bonne volonté sont appelés à participer» écrivent les évêques du pays dans un communiqué cité par le site d’informations nigérian Vanguard. La principale marche se tiendra à Makurdi, capitale de l’Etat de Benue, mais les évêques invitent tous les diocèses du pays à organiser des rassemblements similaires.

C’est également ce 22 mai que seront enterrés les deux prètres Félix Tyolaha et Joseph Gor, tués mardi 24 avril dans la Paroisse Saint Ignace d’Ukpor-Mbalom avec 17 fidèles, dans le village de Mbalom, dans l’Etat de Benue, au centre du pays.

 

Les États du centre du Nigéria sont régulièrement touchés par des affrontements meurtriers, qui peuvent être le fait de groupes terroristes, comme Boko Haram, mais sont parfois aussi liés à des conflits agraires. En 2017, le Nigeria était le deuxième État le plus violent d'Afrique, représentant environ 10 % de tous les conflits politiques hebdomadaires à travers le continent, selon l’organisation américaine spécialisée dans les conflits armés «Armed Conflict Location and Event Data Project».


Lors de leur visite ad limina à Rome,fin avril à Rome, les évêques nigérians avaient accusé l’État de ne pas avoir fait tout son possible pour mettre fin aux violences. Ils avaient alors demandè au président Muhammadu Buhari «de se retirer avec honneur pour sauver la nation d’un effondrement complet». Il avait été élu en 2015 sur une promesse de paix et de réconciliation, mais il n’a pas réussi à faire face à ces nouveaux épisodes de violence intercommunautaire, malgré le déploiement de l'armée dans plusieurs États, dont celui de Benue.

16 mai 2018, 16:05