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À Matignon, Édouard Philippe a réuni les différents représentants politiques de Nouvelle-Calédonie, le 27 mars 2018 à Paris. À Matignon, Édouard Philippe a réuni les différents représentants politiques de Nouvelle-Calédonie, le 27 mars 2018 à Paris.  (AFP or licensors)

Nouvelle-Calédonie, quels sont les enjeux du référendum ?

Le président de la République française, Emmanuel Macron, se rendra la première semaine de mai en Nouvelle-Calédonie. Une visite symbolique, cinq mois avant le référendum sur le statut de ce territoire français du Pacifique.

Entretien réalisé par Marine Henriot - Cité du Vatican

«Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante?», c’est la question à laquelle devront répondre les électeurs inscrits de Nouvelle-Calédonie.

Une question décrochée par le Premier ministre français, Édouard Philippe, après 15 heures de réunion marathon avec les indépendantistes et les non-indépendantistes. Une mission dans laquelle le chef du gouvernement a dû faire preuve de diplomatie pour rapprocher deux visions contradictoires.

30 ans après les accords de Nouméa

Dans les années 1980, ce territoire français avait été marqué par de vives tensions indépendantistes, culminant avec une prise en otages de gendarmes qui avait fait 21 morts en 1988. Les accords de Matignon, sous le gouvernement de Michel Rocard, avaient été signés dans la foulée la même année pour apaiser les tensions. Ils ont été complétés par les accords «de Nouméa» dix ans plus tard. Ils accordaient une large autonomie à l'île, française depuis 1853, et prévoyaient un processus progressif de décolonisation aboutissant à un référendum d'autodétermination, au plus tard en novembre 2018.

Un territoire à part entière

Derrière cette question du référendum se logent les intérêts de la France, en perdant ou conservant la Nouvelle-Calédonie, qui lui offre accès aux eaux à l’est de l’Australie. Située à moins de 2 000 km de l'Australie, la Nouvelle-Calédonie, à l'économie fragile malgré ses richesses en nickel, est à plus de 16 000 km de Paris. Parmi les 270 000 habitants de l’archipel, 40% sont des Kanaks, c’est-à-dire la population autochtone, 27% sont Européens, le restant se définit comme métis ou sans origines.

Stéphanie Graff a fait de l’archipel paradisiaque sa spécialité. L’anthropologue, auteure d'une thèse sur  sur les questions de décolonisation, d'autodétermination et d'autochtonie, vit en Nouvelle-Calédonie depuis plusieurs années. Elle explique les enjeux de ce réferendum, si long à mettre en place.

Entretien avec Stéphanie Graff, anthropologue
04 avril 2018, 07:01