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Mémorial stupa du charnier de Choeung Ek, près de Phnom Penh, au Cambodge, contenant plus de 8 000 crânes humains des victimes des Khmers rouges. Mémorial stupa du charnier de Choeung Ek, près de Phnom Penh, au Cambodge, contenant plus de 8 000 crânes humains des victimes des Khmers rouges.  (ANSA)

Le Cambodge, pays sans mémoire pour le père Ponchaud

Le 15 avril 1998 mourait Pol Pot, le chef des Khmers rouges, responsable de la mort d’un cinquième de la population cambodgienne entre 1975 et 1979. Vingt ans après, sa mort passe inaperçue au Cambodge. Parmi les personnes qui se souviennent de ces années terribles, le père François Ponchaud, des Missions étrangères de Paris. Il témoigne d’un pays qui a perdu la mémoire.

Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican

Arrivé dans les années 1960 au Cambodge en tant que prêtre missionnaire, le père François Ponchaud a depuis, toujours vécu au Cambodge, sauf entre 1975 et 1991, contraint de quitter le pays après la prise du pouvoir par les Khmers rouges. Il était à Phnom Penh quand la ville a été vidée de ses habitants. C’est lui qui a remis aux nouvelles autorités du pays les clés de l’ambassade de France, étant le dernier étranger à quitter les lieux.

 

Depuis son retour en 1991, il a vu l’évolution du pays. Il s’est engagé aux côtés de la population pour construire des écoles, des digues et des barrages pour irriguer les terres et aider les paysans. Mais l’évolution du pays, sous la conduite du Premier ministre Hun Sen, un ancien Khmer rouge, le laisse désabusé.

Il dénonce sans langue de bois les dérives du développement économique du pays qui fait la part belle, selon lui, aux investissements chinois qui se préoccupent peu d’en faire bénéficier la population. Il critique les autorités complaisantes qui ne redistribuent qu’avec parcimonie les fruits de la croissance.

C’est donc un constat sévère que livre le père François Ponchaud. A la question, «le Cambodge est-il engagé sur la bonne voie», sa réponse est sans équivoque.

Entretien avec le père François Ponchaud
18 avril 2018, 18:03