Version Béta

Cerca

Vatican News
 Une touriste prenant en photo la DMZ, la frontière la plus militarisée au monde, où se déroulera le sommet entre les deux Corée vendredi 27 avril 2018. Une touriste prenant en photo la DMZ, la frontière la plus militarisée au monde, où se déroulera le sommet entre les deux Corée vendredi 27 avril 2018.  (AFP or licensors)

L'espoir d'une paix en Corée

La rencontre entre le dirigeant nord-coréen et le président sud-coréen, la troisième seulement du genre, aura lieu dans la zone démilitarisée qui divise la péninsule.

Joris Bolomey, avec agences – Cité du Vatican

C’est un sommet historique au niveau du 38ème parallèle. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un rencontre son homologue du Sud, Moon Jae-in, ce vendredi 27 avril au sud de la DMZ la frontière la plus militarisée au monde.

« Un chemin concret de réconciliation et de fraternité »

«Cette rencontre sera l’occasion  d'engager un dialogue transparent et un chemin concret de réconciliation et de fraternité retrouvée, afin de garantir la paix dans la péninsule coréenne et dans le monde entier», a appelé le Pape à l’issue de la traditionnelle audience générale, mercredi 25 avril sur la place Saint-Pierre. 

 Le Saint Père avait déjà salué la désescalade entre les deux pays lors de la participation de la Corée du Nord aux Jeux Olympiques d'hiver de Pyeongchang, au Sud en février dernier. 

Ces derniers mois, Pyongyang et Séoul ont multiplié les signes de détente, salués sur la scène internationale. Les puissances américaine et surtout chinoise sont restées en retrait. Si la Chine a semblé marginalisée par l'annonce d'un sommet, historique lui aussi, entre Donald Trump et Kim Jong-un, d'ici juin, les liens entre Pyongyang et Pékin sont des plus forts.

Vers une paix coréenne ?

Jamais de telles conditions de dialogue n’avaient été réunies. Parmi les signes de cette désescalade, il y a notamment la décision de Kim Jong-un de mettre fin au programme d’essais nucléaires et balistiques ainsi que la fermeture du site d'essais nucléaires de Punggye-ri, au nord du pays. Devenu un Etat puissant, «le Parti tout entier et la nation tout entière doivent maintenant se concentrer sur le développement de l'économie socialiste», a-t-il lancé le 21 avril dernier en pleine réunion du comité central du parti unique au pouvoir. 

Car c'est désormais tout l'enjeu pour le leader nord-coréen. Revenu sur la scène internationale grâce à sa diplomatie de l'atome, son objectif est désormais le développement interne du pays. Et les besoins sont grands dans une société longtemps subordonnée aux impératifs sécuritaires et stratégiques de la dynastie des Kim. 

Le président américain Donald Trump a exhorté Pyongyang à aller plus loin encore en éliminant tout son arsenal nucléaire. «Cela devrait avoir été résolu par d'autres présidents et d'autres dirigeants d'autres pays il y a longtemps, a-t-il martelé. Cela dit, nous avançons très bien. Des réunions sont en train d'être organisées, et je veux voir la dénucléarisation de la Corée du Nord. »

Avant que ne s'ouvre ce sommet intercoréen, comme un énième geste d'apaisement, la Corée du Sud a fait taire lundi 23 avril les haut-parleurs géants qui diffusent à grands renforts de décibels des messages de propagande aux soldats nord-coréens déployés à la frontière.

Une désescalade initiée au début de l’année, comme l’explique Juliette Morillot, journaliste spécialisée sur la Corée du Nord et auteur avec Dorian Malovic du livre Le monde selon Kim Jong-un aux éditions Robert Laffont.

Juliette Morillot, journaliste spécialisée sur la Corée du Nord
26 avril 2018, 07:14