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Manifestation le 15 avril 2018 à Ahmedabad, dans l'État du Gujarat, en soutien des victimes de viols à Jammu et dans l'Uttar Pradesh. Manifestation le 15 avril 2018 à Ahmedabad, dans l'État du Gujarat, en soutien des victimes de viols à Jammu et dans l'Uttar Pradesh.  (AFP or licensors)

Les évêques indiens s'inquiètent du nombre croissant de viols

Deux agressions sexuelles distinctes, survenues dans l’Uttar Pradesh et au Jammu-et-Cachemire, soulèvent des problèmes sociétaux qui dépassent le fléau des violences sexuelles. Dans un communiqué publié dimanche 15 avril, la confèrence épiscopale du pays appelle à la plus grande fermeté contre les responsable de ces crimes.

Joris Bolomey, avec agences - Cité du Vatican

«L’attaque répétée contre des femmes et enfants, à des fins personnelles, religieuses ou politiques n’est rien de moins qu’un crime contre l’humanité», s’alarment les évêques indiens. Dans un communiqué signé Mgr Theodore Mascarenhas, secrétaire général de la conférence épiscopale du pays, ils apportent leur soutien aux victimes de viols survenus dans le nord et l'extrême nord de l’Inde.

Ces affaires remontent à plusieurs mois mais elles ont connu de nouveaux rebondissements ces derniers jours. En Uttar Pradesh, grand État pauvre et corrompu, Kuldeep Singh Sengar, un influent législateur du BJP, le parti du Premier ministre Narendra Modi, est accusé d'avoir violé en juin dernier une adolescente. L'affaire a pris une ampleur nationale depuis la mort en détention, la semaine dernière, du père de la jeune fille. Cette dernière a tenté de s'immoler devant la résidence du chef du gouvernement de cet État pour protester contre la police, qu'elle accuse d'avoir torturé son père, qui souhaitait maintenir les poursuites. Kuldeep Singh Sengar dément les accusations portées contre lui. «Ce sont des gens de basses classes. C'est une conspiration de criminels», a-t-il déclaré à des journalistes.

L’autre victime est une fillette musulmane de huit ans, retrouvée morte après avoir été drogué, séquestrée et violée pendant 5 jours dans une cabane et un temple hindou, en janvier dernier, dans l'État du Jammu-et-Cachemire, une région en majorité hindoue. Pendant sa détention, plusieurs personnes, dont un policier, l'auraient violée à tour de rôle avant de la tuer. Huit hommes ont été arrêtés.

«Leur religion ou leur caste ne les rendent en aucune manière inférieures à nous» martèlent les évèques. «Chaque femme est notre fille, notre sœur, notre mère», insistent-ils, assurant que l’Eglise catholique fera tout son possible pour contribuer à faire condamner, et surtout à éradiquer ces «inqualifiables crimes».

«Notre nation a une âme, un cœur et un esprit. Une âme pour répondre à ces crimes ineffables visant des femmes, un cœur pour l'empathie et la solidarité et un esprit qui résiste aux stratégies haineuses de ceux qui veulent détruire le lien séculaire sacrée de la nation», écrit encore  Mgr Theodore Mascarenhas.

Environ 40 000 cas de viols sont signalés chaque année dans le pays. Un chiffre bien en deçà de la réalité, dans une société indienne où trop souvent la culture du silence prévaut chez les plus faibles.

16 avril 2018, 12:29