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Mgr Bernardito Auza, lors de sa rencontre au Saint-Siège avec le Pape françois, le 14 décembre 2017. Mgr Bernardito Auza, lors de sa rencontre au Saint-Siège avec le Pape François, le 14 décembre 2017.  (Vatican Media)

Pour une réponse globale aux violences faites aux femmes lors de conflits

Mgr Bernardito Auza, nonce apostolique et observateur permanent du Saint-Siège auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, est intervenu lundi 16 avril sur l'importance des efforts collectifs à fournir pour mettre un terme aux violences, et en particulier aux violences sexuelles, contre les femmes.

Joris Bolomey - Cité du Vatican

Mgr Bernardito Auza, nonce apostolique et observateur permanent du Saint-Siège auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, est intervenu lundi 16 avril 2018 à New-York lors dans le cadre du «débat ouvert sur l’examen de haut niveau de la Résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité». 

La résolution 1325, adoptée en 2000, établit un lien entre les femmes, les conflits armés, la paix et la sécurité en reconnaissant qu'avec les enfants, elles sont touchées plus durement par les conflits armés, et qu'elles jouent un rôle irremplaçable dans le maintien et la promotion de la paix et de la sécurité. Ainsi que le décrit l'ONU dans un rapport du 15 avril 2017, les violences sexuelles sont utilisées comme tactique de guerre et de terrorisme, comme outils de déshumanisation et de honte, ainsi que comme armes pour punir et persécuter.

 

Pour une "participation active" des femmes dans les processus de paix

Revenant sur cette résolution, Mgr Auza a rappelé lors de son intervention que des «efforts collectifs, au niveau national comme international, sont encore grandement nécessaires afin que soit gagné le combat permettant de réduire et de mettre un terme aux violences, en particulier aux violences sexuelles, contre les femmes». Le nonce apostolique a d'abord insisté sur le fait qu'il «n’y a pas de meilleur moyen de protéger les femmes des violences durant les conflits que d’empêcher l’éruption des conflits eux-mêmes». Après être revenu sur l’importance d'une «participation active» des femmes dans les processus de paix et missions de maintien de la paix, Mgr Auza a exhorté la communauté internationale à «activement aider les pays sortant de conflits à promouvoir l’éducation , le développement économique et social et s’assurer que les avantages de la paix et du développement bénéficient à l’ensemble de la population».

L'observateur permanent du Saint-Siège auprès du conseil de sécurité des Nations unies a également cité l’engagement de l’Église catholique pour l’accès des filles et des jeunes femmes à une éducation de qualité, et particulièrement dans les zones où les discriminations sont les plus fortes. Dans l’université catholique de Bethléem par exemple, les jeunes filles palestiniennes représentent plus de 80% des effectifs d'étudiants. «Elles deviennent ensuite des éducatrices et des travailleuses qui contribuent grandement à la paix et à l’harmonie dans les familles et dans leur société», a témoigné Mgr Auza

Une femme sur trois a été exposées à des violences physiques ou sexuelles

Le nonce apostolique a ensuite rappelé que «les femmes et les filles souffrent de nombreuses formes de violences, pas seulement dans les situations de conflits, mais également dans “les situations normales du quotidien”». Selon l’Organisation mondiale de la santé, 35% des femmes, soit près d'une femme sur trois, indiquent avoir été exposées à des violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire intime ou de quelqu’un d’autre au cours de leur vie. Cependant, certaines études menées à l’échelle nationale font apparaître que dans certains pays jusqu’à 70% des femmes ont été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part d'un partenaire intime au cours de leur vie.

 

En fin d'allocution, Mgr Auza a repris les paroles qu'avait eues le Pape François le 19 janvier 2018, à Puerto Maldonado, lors de son voyage apostolique au Pérou: «On ne peut pas ‘‘normaliser’’ la violence à l’encontre des femmes, en la considérant comme quelque chose de naturel et en entretenant une culture machiste aveugle qui ne prend pas en compte le rôle important de la femme dans nos communautés.» Et de conclure en insistant à nouveau sur l'apport et le rôle primordial des femmes dans la résolution des conflits et dans l'élaboration d'une paix durable.

17 avril 2018, 15:40