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Vatican News
Une manifestante devant un barrage policier à Erevan, le 16 avril 2018. Une manifestante devant un barrage policier à Erevan, le 16 avril 2018.  (AFP or licensors)

L'Arménie sous tensions après l'élection du Premier ministre

En Arménie, une semaine après avoir quitté la présidence de la République après deux mandats de cinq ans, Serge Sarkissian, a été élu aujourd’hui au poste de Premier ministre. D’importants rassemblements ont eu lieu depuis vendredi à Erevan pour contester cette nomination, qui lui permettra de conserver, de facto, l'essentiel du pouvoir exécutif.

L’annonce n’était pas une surprise mais elle suscite néanmoins la colère de l’opposition. Compte tenu du nouveau régime parlementaire, qui confinera le nouveau chef de l’État Armen Sarkissian dans un rôle essentiellement honorifique, le poste de Premier ministre permettra au président sortant de conserver l’essentiel du pouvoir exécutif, et notamment la direction des opérations militaires dans le conflit qui oppose l’Arménie à l’Azerbaïdjan depuis la dislocation de l’URSS, au sujet du contrôle du Haut-Karabagh.

Successivement ministre de la Défense et de l’Intérieur, chef d’état-major, Premier ministre déjà puis chef de l’État, Serge Sarkissian est un personnage central de la vie politique du pays depuis son indépendance en 1991, mais il incarne aussi, pour l’opposition, le manque de renouvellement d’élites politiques formées à l’époque soviétique.

D’abord pacifiques, les manifestations ont pris un tour plus violent hier. Au moins 46 personnes ont été blessées lors d’affrontements avec la police, près du Parlement. Au total depuis cinq jours, une centaine de personnes auraient été interpellées. L'opposition appelait ce mardi soir à un rassemblement de grande ampleur au centre de la capitale, le député Nikol Pachinian appelant même à une «révolution de velours».

Vaincre la corruption

L’Arménie reste un pays fragile, dont l’économie dépend en grande partie des investissements réalisés par les Arméniens de la diaspora. Le niveau élevé de corruption et la guerre larvée contre le voisin azerbaïdjanais entravent son développement, malgré des progrès encourageants dans le domaine de la santé et de l’éducation notamment.

Lors de sa visite en Arménie en 2016, le Pape François avait déclaré que «s’engager à poser les bases d’un avenir qui ne se laisse pas absorber par la force trompeuse de la vengeance fera du bien à tous ; un avenir où on ne se lasse jamais de créer les conditions pour la paix : un travail digne pour tous, le soin de ceux qui sont le plus dans le besoin et la lutte sans trêve contre la corruption, qui doit être extirpée.»

(avec agences)

17 avril 2018, 17:55