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L'application Snapchat, l'une des plus populaires. L'application Snapchat, l'une des plus populaires.  (AFP or licensors)

Pour une anthropologie du numérique

Quelles formes nouvelles les spiritualités pourraient-elles prendre à l’avenir ? C’était le thème d’une conférence organisée à Sciences Po, le 21 février. La théologienne Gemma Serrano, directrice du département «humanisme numérique» au Collège des Bernardins, y est intervenue, développant les enjeux anthropologiques du numérique.

Entretien réalisé par Delphine Allaire – Cité du Vatican


«L’humanité est entrée dans une ère nouvelle où le pouvoir technologique nous met à la croisée des chemins. Nous sommes les héritiers de deux siècles d’énormes vagues de changement : la machine à vapeur, le chemin de fer, le télégraphe, l’électricité, l’automobile, l’avion, les industries chimiques, l’informatique, et, plus récemment, la révolution numérique, les biotechnologies et les nanotechnologies.

Il est juste de se réjouir face à ces progrès, que nous ouvrent ces constantes nouveautés, parce que « la science et la technologie sont un produit merveilleux de la créativité humaine, ce don de Dieu ».Ces paroles du Pape François proviennent des sections 102 et 103 de son encyclique Laudato Si’. Si le Saint-Père met régulièrement en garde contre les dérives et les excès des méandres numériques, il en reconnait les bienfaits, notamment en termes de créativité. 

Toute la question étant de bien utiliser et de «bien orienter» ces technologies.

Selon Gemma Serrano, théologienne spécialiste de ces questions, le numérique a résolument quitté la sphère technique, d’outils et de supports, pour rejoindre celle d’une culture, d’environnements et « d’habitations», à proprement parler.
Nous interagissons chacun dans nos propres mondes numériques, avec leurs codes respectifs, leurs valeurs, leurs connaissances, leurs réseaux. L’expérience humaine s’en trouve profondément affectée.


Dans un tel contexte, la foi peut aider à discerner la tentation prométhéenne de la toute-puissance offerte par l’immédiateté, l’instant et l’infinie richesse des possibles offertes par le numérique, d’un usage libre et mesuré. Gemma Serrano plaide ainsi pour un humanisme numérique, qui introduit la notion de dignité humaine, dans ces nouveaux espaces virtuels.

Gemma Serrano du Collège des Bernardins
01 mars 2018, 18:29