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Vatican News
Les premiers résultats des élections législatives sont tombés dans la nuit du 4 au 5 mars 2018. Les premiers résultats des élections léglislatives sont tombés dans la nuit du 4 au 5 mars 2018.   (AFP or licensors)

Italie, maintenant vient le temps des négociations

Au lendemain des élections législatives qui ont vu la percée des forces antisystème et eurosceptiques, l’Italie s'apprête à plonger dans les affres des négociations afin d’établir une majorité pour gouverner le pays.

Si le gagnant de ces législatives ne se dessine pas clairement, le visage du perdant est lui bien clair: c’est l’Europe. Les élections législatives du 4 mars ont été marquées par une percée historique des forces antisystème, eurosceptiques et d'extrême droite, majoritaires en voix et en sièges qui bouleversent la donne et plongent le pays dans l'incertitude politique.

Absence de majorité et incertitude politique 

Incertitude politique car aucune des trois grandes tendances n’obtient la majorité, ni à la Chambre, ni au Sénat. La coalition formée par Forza Italia de Silvio Berlusconi, les extrémistes de la Ligue du Nord et le petit parti Fratelli d'Italia (Frères d'Italie), obtient 37% des voix, selon des résultats partiels portant sur 2/3 des bureaux de vote. Mais à l'intérieur de cette coalition, c'est la Ligue de Matteo Salvini, formation eurosceptique et anti-immigration, alliée de Marine Le Pen en Europe, qui est en tête.

Et si cette alliance devait l'emporter en termes de sièges, ce qui semblait hors de portée au vu des résultats partiels, Matteo Salvini, qui a promis d'expulser des centaines de milliers d'immigrés «clandestins», serait en droit de réclamer le poste de Premier ministre.

Après une campagne dirigée contre la corruption et la «caste» politique italienne, les antisystème du Mouvement 5 Etoiles (M5S) réalisent de leur côté une percée historique, devenant le premier parti en Italie avec un score frôlant les 32%.«Tout le monde devra parler avec nous», s'est réjoui Alessandro Di Battista, un des dirigeants du parti, tard dans la nuit après les résultats.

Plusieurs scénarios possibles

Aujourd’hui, plusieurs scénarios sont possibles et les réponses devraient se dessiner dans les jours qui arrivent. Le Mouvement 5 Étoiles qui jusqu’ici a rejeté toute forme de coalition, pourrait déroger à sa règle et faire exploser la coalition de centre droit en acceptant une forme d’alliance «populiste» avec la Ligue. Parti avec lequel les vues convergent concernant notamment un durcissement sur l’immigration, et une prise de distance certaine avec l’Union Européenne. Un schéma qui donne des sueurs froides à Bruxelles.

Autre scénario possible, celui souhaité par Bruxelles, une grande coalition inspirée du modèle allemand, entre Forza Italia et le Parti Démocrate, mais les chiffres actuellement disponible ne permettent pas de l’envisager.

 

05 mars 2018, 10:37