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Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, le 14 février 2018 à Tel-Aviv. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, le 14 février 2018 à Tel-Aviv.  (AFP or licensors)

La police israélienne demande l'inculpation du Premier ministre

Après deux ans d’investigation, la police israélienne a recommandé mardi 13 février l’inculpation du Premier ministre, Benjamin Netanyahou. Le chef du gouvernement s’est immédiatement exprimé pour se défendre, accusant la police de chercher à le renverser.

 

Marine Henriot, avec agences - Cité du Vatican 

«Tout ce que je fais, je le fais pour le bien de l’État, et pas pour des cigares», a martelé mardi soir le Premier ministre israélien aux téléspectateurs de son pays. Accusé de corruption, fraude et abus de confiance, Benjamin Netanyahou a tenté d’allumer un contre-feu, en accusant la police de chercher à le renverser. «Ces conclusions n'ont aucune valeur juridique dans un pays démocratique», a affirmé le Premier ministre, que rien n'oblige à démissionner. Au cours de l'enquête, Benjamin Netanyahou n'a cessé de proclamer son innocence en répétant sans cesse la même formule : «Il ne se passera rien parce qu'il ne s'est rien passé».

Cigares et couverture médiatique

La première affaire qui lui est reprochée est d'avoir reçu des cadeaux -par exemple des cigares de luxe dont il est friand- de la part de riches personnalités comme James Packer, un milliardaire australien, ou Arnon Milchan, producteur israélien à Hollywood. La valeur totale de ces cadeaux a été chiffrée par les médias à des dizaines de milliers de dollars.

La police a également estimé qu'il y avait corruption à propos d'un accord secret que Benjamin Netanyahou aurait tenté de passer avec le propriétaire du Yediot Aharonot pour une couverture favorable de la part du plus grand quotidien israélien payant. «Si on tombe d'accord, lui aurait à l'époque répondu Mozes, je ferai tout mon possible pour que tu restes à ce poste aussi longtemps que tu le souhaites.» Le Premier ministre, pour sa défense, plaide que le projet de texte a été enterré.

Record de longévité ?

Le sort du chef du Likoud est maintenant dans les mains du procureur général, Avichai Mandelblit, qui doit décider ou non de le mettre en examen. Le magistrat connait le Premier ministre, il fut son secrétaire de cabinet. Benjamin Netanyahou dénonce lui une tentative de désarçonnement. Détail qui apporte de l’eau à son moulin : un des témoins enquêteurs n’est autre que Yaïr Lapid, chef du parti centriste qui prétend à sa succession.

Benjamin Netanyahou a été soupçonné à plusieurs reprises par le passé, sans être inquiété. À la tête du gouvernement depuis 2009, après un premier mandat entre 1996 et 1999, Benjamin Netanyahou a dépassé les onze ans de pouvoir. Sans rival apparent, il pourrait battre le record de longévité de l'historique David Ben Gourion, fondateur de l'État d'Israël, si l'actuelle législature va jusqu'à son terme en novembre 2019.

 

14 février 2018, 10:04