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Un hôpital effondré en Haïti suite au séisme du 12 janvier 2010. Un hôpital effondré en Haïti suite au séisme du 12 janvier 2010. 

Haïti: une reconstruction lente et difficile

Huit ans après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, la reconstruction du pays reste incomplète.

Joris Bolomey, avec agences – Cité du vatican

Le 12 janvier 2010, peu avant 17 heures, un tremblement de terre de magnitude 7 frappait Haïti, tuant plus de 220 000 personnes et laissant un million et demi de personnes sans abri. Le slogan d’alors était “Reconstruire en mieux”. Huit ans après pourtant, le pays le plus pauvre des Caraïbes est loin d’avoir répondu à cette espérance. Plus de 38.000 sinistrés vivent encore dans des camps de fortune et de nombreux chantiers n’ont toujours pas été amorcés.

Le gouvernement haïtien et ses partenaires internationaux ont lancé jeudi un appel à financement à hauteur de 252 millions de dollars afin de répondre aux urgences humanitaires pour l'année 2018. Élaboré en partenariat avec les agences des Nations Unies, ce plan de réponse humanitaire risque comme les années passées de ne pas être suivi à la lettre, faute de financement. En 2017, seuls 37% des fonds nécessaires avaient été collectés auprès des bailleurs. 

La vulnérabilité d'Haïti aux catastrophes naturelles constitue un réel frein pour son développement économique mais l'endettement grandissant du pays, qui a triplé en 10 ans pour dépasser aujourd'hui les 3 milliards de dollars, empêche tout investissement pour réduire les risques. 

Une croissance insuffisante pour vaincre la pauvreté

L'économie haïtienne n'a connu qu'une croissance limitée à 1,2% sur l'année 2017, ce qui ne lui permet pas non plus de sortir du cercle vicieux de la pauvreté. La situation est d'autant plus alarmante que cette faible croissance 2017 n'aura finalement été possible que grâce aux transferts d'argent de la diaspora haïtienne, estimés à plus de 2 milliards de dollars. À cause du manque de protection des investissements, de la corruption ou encore de la lourdeur administrative, le magazine Forbes classe Haïti parmi les pires pays pour faire des affaires en 2018, au 151e rang sur 153 pays analysés.

«Trente ans d'assistanat et plusieurs milliards de dollars dépensés par nos partenaires internationaux, pour la plupart pour financer des petits projets non-structurants, ont tristement démontré leur limite» a déclaré lundi le chef de l'État Jovenel Moïse dans son discours à l'occasion de la rentrée parlementaire.

En dépit des milliards de dollars d’aide reçus, Haïti semble condamné à rechuter sans fin selon Frédéric Thomas. Chercheur en sciences politiques au Centre tricontinental à Louvain-la-Neuve (Belgique), il a travaillé dans plusieurs ONG, s'est rendu de nombreuses fois sur l'île, avant et après le tremblement de terre et a dénoncé dans un livre L’échec humanitaire, le cas haïtien (éditions Couleurs livres).

Entretien avec Frédéric Thomas
12 janvier 2018, 16:53