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Vatican News
Un enfant traverse l'entrée de l'ancien palais présidentiel de Gbadolite, le 3 décembre 2017. Un enfant traverse l'entrée de l'ancien palais présidentiel de Gbadolite, le 3 décembre 2017.  (AFP or licensors)

400 000 enfants risquent de mourir dans le Kasaï

L’Unicef lance un cri d’alarme sur la situation des plus jeunes dans la région centrale de la République démocratique du Congo et appelle a davantage de mobilisation de la part des bailleurs internationaux.

Entretien réalisé par Joris Bolomey

«Au moins 400 000 enfants de moins de cinq ans dans la région du Kasaï en République démocratique du Congo souffrent de malnutrition aiguë sévère et pourraient mourir en 2018 s'ils ne sont pas assistés par des interventions sanitaires et nutritionnelles», explique Yves Willemot, porte parole du Fonds des Nations unies pour l’enfance. Et «plus de 750 000 enfants dans la région souffrent de malnutrition aiguë», ajoute-t-il.

Plusieurs provinces du Kasaï se sont embrasées en septembre 2016 après la mort du chef coutumier Kamuina Nsapu dans un assaut des forces de sécurité. Violences, déplacement et perte de production agricole, chaque affrontement est suivi de son cortège de maux. Une situation d’autant plus préoccupante que «dans les cinq provinces du Grand Kasaï, de nombreuses infrastructures sanitaires ne sont plus opérationnelles en raison du conflit. Dans la seule province du Kasaï central, plus du tiers des centres de santé ne sont plus opérationnels suite à des pillages, en raison des problèmes de sécurité pour le personnel ou du manque de fournitures médicales, privant les enfants des services essentiels et des medicaments» précise l’organisme dans un communiqué.

La République démocratique du Congo est le pays au monde qui enregistre le plus de déplacés internes cette année, plus que la Syrie, le Yémen et l'Irak, d'après plusieurs sources selon l’AFP. «Plus de 1,7 million de gens ont fui leur maison jusqu'à présent cette année en raison de l'insécurité, d'après les Nations unies. Soit un total de déplacés qui dépasse les quatre millions», d'après le Conseil norvégien des réfugiés.

La situation sécuritaire se stabilise par endroits et certains déplacés ont pu rentrer chez eux. Mais «l'insécurité alimentaire sévère affecte maintenant de grandes parties de la région, et les conditions ne devraient pas s'améliorer avant juin 2018, car les saisons de plantation en 2017 ont été perdues», affirme l'Unicef. Elle déplore le sous-financement de ses interventions et affirme n'avoir «reçu que 15% du financement nécessaire pour répondre aux besoins nutritionnels des enfants en 2017», comme nous l’explique Yves Willemot, porte parole du Fonds des Nations unies pour l’enfance à Kinshasa.

Entretien avec Yves Willemot, porte parole de l'Unicef en RDC
13 décembre 2017, 19:04