Mgr Michel Aupetit, le 15 juin 2019 Mgr Michel Aupetit, le 15 juin 2019 

L’archevêque de Paris remet sa charge entre les mains du Pape

Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, a confirmé avoir remis sa charge au Pape François vendredi 26 novembre mais ne parle pas de «démission». Mis en cause dans un article de presse pour sa gestion du diocèse de Paris et pour sa vie privée, il réfute les allégations portées contre lui.

Xavier Sartre – Cité du Vatican

Tout a commencé par la publication mardi 23 novembre d’un long article sur la gestion du diocèse de Paris par Mgr Aupetit et sur certains aspects de sa vie privée dans le passé dans l’hebdomadaire français Le Point. L’archevêque de la capitale française y est mis en cause pour son «autoritarisme» et sa «brutalité» dans ses relations humaines. Une ancienne histoire personnelle y est également évoquée, celle d’un courrier électronique laissant entendre que Mgr Aupetit, alors vicaire général du diocèse de Paris, aurait eu une relation avec une femme. L’article crée un malaise au sein de l’Église parisienne et pousse Mgr Aupetit à remettre sa charge entre les mains du Saint-Père qui le lui a confiée.

La nouvelle fuite dans la presse. L’archevêque, aussitôt sollicité par le quotidien La Croix, précise vendredi 26 novembre que le mot démission n’est pas celui envoyé. «Démission voudrait dire que j’abandonne ma charge». Il motive ce choix par sa volonté de «préserver le diocèse», car en tant qu’évêque, il doit être «au service de l’unité» explique-t-il. Pas question donc de démissionner.

Face au malaise suscité par cette affaire et dans un souci d’apporter sa version des faits, Mgr Aupetit fait une déclaration vendredi soir sur les ondes de Radio Notre-Dame, la radio diocésaine de la capitale. Il déclare être «profondément désolé du trouble grave des fidèles» à cause de cet article du Point «si virulent» à son égard. «J’avoue que moi-même j’ai eu un choc en le lisant et je me suis demandé s’il y avait réellement autant de personnes qui souhaitaient mon départ», confie-t-il, remerciant tous ceux qui l’ont soutenu ces derniers jours.

Il répond ensuite aux mises en cause de la presse. Sur les questions de gouvernance, il reconnaît à l'antenne de Radio Notre-Dame que «des frustrations» et des «amertumes» peuvent naître de décisions qui ne sont jamais prises seul, assure-t-il. «Lorsqu’une décision est prise en commun, il convient que je l’assume et que j’en revête la responsabilité; ce qui bien sûr, concentre sur moi les possibles rancœurs».

Sur sa vie privée, ensuite, en l’occurrence «une relation intime» qu’il aurait entretenue quand il était prêtre il y a dix ans, il expose sa version des faits. Le Point parle au conditionnel d’un message envoyé par erreur par Mgr Aupetit en 2012 à sa secrétaire mais destiné à une femme et dont la teneur ne laisse aucune équivoque sur la nature de leur relation. Comme déjà précisé à l’hebdomadaire, Mgr Aupetit explique qu’il était en fait le destinataire du courriel, envoyé à une adresse partagée avec sa secrétaire.

Ce message ressurgit en 2020 et les proches collaborateurs de l’archevêque en prennent alors connaissance selon l’article du Point qui établit un lien entre ce fait et le départ des deux vicaires généraux du diocèse en décembre 2020 et mars 2021. «Ceux qui me connaissaient alors et qui partageaient mon quotidien pourraient certainement témoigner que je n’entretenais pas une double vie comme le suggère l’article» affirme-t-il. «Je reconnais, comme je l’ai déjà dit, avoir mal géré la situation avec une personne qui se manifestait à de nombreuses reprises près de moi. Cette erreur je l’ai confiée à mon accompagnateur spirituel et l’autorité ecclésiastique a été mise au courant», affirme-t-il dans cette déclaration, concluant remettre sa vie «dans les mains du Seigneur». «Puisse-t-Il me permettre de le servir chaque jour dans mes frères».

 

 

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27 novembre 2021, 13:40