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Un Guatémaltèque tente de traverser le Rio Grande entre le Mexique et le Texas Un Guatémaltèque tente de traverser le Rio Grande entre le Mexique et le Texas  (AFP or licensors)

Mexique : les évêques dénoncent les politiques migratoires répressives

Après la découverte des corps massacrés et brûlés de 19 migrants dans le nord du Mexique, les évêques demandent une enquête approfondie et exhortent le gouvernement à concentrer ses efforts sur la lutte contre la criminalité et non sur la persécution des migrants.

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Les évêques mexicains demandent au gouvernement fédéral de mener une enquête approfondie sur les événements qui ont eu lieu à Camargo, dans l'État de Tamaulipas, au nord du pays, où 19 corps de migrants massacrés et brûlés, vraisemblablement en provenance du Guatemala, ont été retrouvés le week-end dernier. Dans une déclaration, la commission pastorale pour la Mobilité humaine de la Conférence des évêques mexicains (CEM) demande également que les responsables de ces «barbaries et autres crimes» soient poursuivis dans toute la mesure de la loi et que l'attention et la protection soient accordées aux migrants qui transitent par le pays.

Le crime organisé favorisé par les politiques répressives

La CEM soutient que les politiques migratoires restrictives et la militarisation des frontières, qui inclut la persécution des migrants, ont contribué à l'aggravation de la grave crise migratoire. Ils prétendent même que ces politiques favorisent le crime organisé parce qu'elles obligent les migrants à se tourner vers ces groupes qui contrôlent le territoire afin de réaliser le «rêve» d'atteindre les États-Unis.

«Malgré les restrictions que le gouvernement mexicain a promues pour arrêter le flux de migrants vers les États-Unis, rien ni personne n'arrêtera le phénomène de la migration; au contraire, il pousse les migrants à prendre des routes plus risquées», soulignent les évêques.

Politiques migratoires justes

Pour l'Église mexicaine, il est prioritaire que le gouvernement fédéral établisse des politiques de migration justes, sûres et ordonnées, au lieu de réprimer, de détenir et de persécuter les migrants en recourant à la police et à la force militaire. En particulier, les évêques soulignent que les forces armées, dans leur mission de préservation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du pays, doivent agir dans le cadre du respect des droits de l'Homme.

«Nous exhortons le gouvernement à utiliser sa capacité à s'occuper des auteurs et non des victimes. Il est regrettable que, alors que dans de nombreux endroits le contrôle est maintenu par des groupes en marge de la loi, les forces de sécurité de l'État sont concentrées aux frontières pour détenir les migrants», critique la CEM.

Les évêques demandent également à la commission nationale des Droits de l'Homme de faire des recommandations au gouvernement fédéral visant à protéger les migrants sur le territoire mexicain; ils demandent aux instances judiciaires la rapidité et l'efficacité des enquêtes et la réparation intégrale des dommages aux familles des victimes.

Renforcer la collaboration

Le communiqué de la CEM est également signé par les membres de plus de 120 foyers pour migrants gérés par l'Église dans les paroisses, couvents ou associations du pays. Une réalité qui, pour les évêques, nécessite de «renforcer les contacts et de générer des rencontres au plus haut niveau entre les organismes gouvernementaux et ecclésiaux», afin d'aborder ces questions qui touchent également les citoyens d'autres pays, en particulier en Amérique centrale.

La pastorale de la mobilité humaine conclut la note en réaffirmant son engagement évangélique à continuer de soutenir, avec un sens pastoral et humanitaire, et avec la protection de Notre-Dame de Guadalupe, les migrants sur la route tortueuse qu'ils doivent parcourir.

29 janvier 2021, 13:27