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Célébration de la messe de la Toussaint à l'église Saint-Sulpice, à Paris, le 1er novembre 2020. Célébration de la messe de la Toussaint à l'église Saint-Sulpice, à Paris, le 1er novembre 2020.  (ANSA)

Covid-19: situation financière délicate pour plusieurs diocèses en France

Les évêques de France poursuivent leur assemblée qui se déroule, en raison de la pandémie de coronavirus, en visioconférence du 3 au 8 novembre 2020. Parmi les thèmes abordés ce vendredi 6 novembre: la situation financière des diocèses en France.

Entretien réalisé par Hélène Destombes - Cité du Vatican

Déjà en difficulté avant la crise sanitaire, de nombreux diocèses sont aujourd’hui profondément fragilisés. L’Église en France vit essentiellement grâce aux dons des fidèles et notamment des offrandes lors de la messe. «Le denier du culte, qui est versé par environ un million de personnes - un chiffre en diminution - ainsi que la quête, lors de la messe, représentent 99% des ressources de l’Eglise», indique Ambroise Laurent, secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques de France, chargé des questions économiques, sociales et juridiques.

En raison d’une nouvelle suspension des célébrations religieuses, depuis le 3 novembre, dans le cadre de l’urgence sanitaire, les paroisses sont privées de cette précieuse offrande. Dans ce contexte, les évêques de France ont, comme lors du confinement du printemps dernier, mis en place une plateforme de quête en ligne mais «l’incidence du confinement est majeure», souligne Ambroise Laurent. «La quête est avant tout un acte liturgique fait à l’offertoire qui porte le travail des hommes à la table eucharistique et lorsqu’elle est déconnectée de cette action eucharistique il y a beaucoup moins de dons».

 

La crise, liée à la pandémie, n’a fait qu’accentuer les problèmes structurels des diocèses en difficulté, observe le chargé des questions économiques de la CEF. «La situation n’est pas uniforme». Sur la centaine de diocèses que compte le territoire français, «un tiers sont vraiment en difficulté et ne peuvent supporter une baisse des ressources», confie Ambroise Laurent, tout saluant «une générosité des fidèles français exceptionnelle». L’année dernière, «la moitié des diocèses avaient vu leurs ressources augmenter», précise-t-il.

Rétablir les équilibres financiers pour déployer une action missionnaire

Les difficultés structurelles sont liées à un déséquilibre entre «des charges trop élevées» et les ressources des diocèses. Pour tenter de revenir à l’équilibre, plusieurs pistes sont empruntées: «l’optimisation et l’arbitrage du patrimoine immobilier» et le non-renouvellement de certains postes de salariés. Dans ce temps difficile pour tout le monde et alors que beaucoup d'institutions revoient la manière d’équilibrer les recettes et les charges, l’Église doit faire de même, insiste Ambroise Laurent.

«N’attendons pas pour faire les arbitrages nécessaires, c’est maintenant qu’il faut se mettre en situation de rétablir les équilibres financiers, parce que c’est en agissant ainsi que l’on se donne des marges de manœuvres pour pouvoir demain investir sur des projets, soutenir des communautés et déployer une action missionnaire». Il est donc important d’agir sur les charges mais aussi sur les ressources. «Donner, ne signifie pas juste faire un virement, c’est un acte spirituel» rappelle le chargé des questions économiques de la CEF.

Entretien avec Ambroise Laurent
06 novembre 2020, 15:46