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Croce, crocifisso Croce, crocifisso 

Méditation du 29ème dimanche ordinaire : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu »

Le Père jésuite Michel N'Tangu nous introduit à la méditation avec les lectures du 29ième dimanche du temps ordinaire de l’année liturgique A.

Chers Frères et Sœurs,

Aujourd’hui, notre méditation de ce dimanche de temps ordinaire, présente pour notre considération, une citation de Jésus devenue célèbre et très connue, mais malheureusement devenue également à certains points de vue, source de malentendu et d’interprétation erronée : «Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu» (Mt 22,21.). Un des premiers malentendus serait de dire que Jésus a voulu montrer par là qu’il existe une sorte de rupture radicale entre Dieu et César. Depuis lors, l'expression s'est raccourcie à « il faut rendre à César ce qui est à César », pour signifier tout simplement que le domaine politique est exclusivement du ressort du César. Un deuxième malentendu serait de dire de manière beaucoup plus pratique que l'Église ou les chrétiens en général ne doivent pas se "mêler des questions politiques" et par conséquent, le Pape, les évêques et les prêtres doivent rester dans la sacristie pour s'occuper uniquement du culte. Mais avant d’aller plus loin dans notre méditation, nous disons d’emblée que ces deux interprétations sont fausses, car s'occuper de Dieu n'est pas seulement une affaire de culte, mais il s’agit également et surtout de se préoccuper de la justice pour les hommes, qui sont des fils de Dieu car créés à son image.

Il ne nous serait pas possible de comprendre le sens de la réponse de Jésus sans tenir compte du contexte dans lequel il l’a prononcée. Selon l'Evangile, les Pharisiens auraient " insidieusement" demandé à Jésus s'ils devaient obligatoirement payer l'impôt à l'empereur. Le texte de l’évangile de Mathieu utilise l’expression suivante : « pour prendre Jésus au piège en le faisant parler ». Jésus leur demanda de lui montrer une pièce de monnaie sur laquelle était gravée l’effigie de César. Le Christ déclara : « Hypocrites » … il faut rendre à César ce qui est à césar et à Dieu ce qui est à Dieu ». Ainsi la réponse de Jésus est hautement bien réfléchie car il a donné la bonne réponse. Et les pharisiens ont très bien compris. Etonnés de cette réponse et pris au dépourvu, ils ne cherchèrent plus à le flatter et s'en allèrent comme ils étaient venus.

Par cette réponse, sans nier le rôle de César, Jésus a plutôt clarifié sans détour le dilemme qui semblerait opposé Dieu et César. Jésus remets tout rapport « Dieu et César » sur la bonne perspective selon laquelle il faut absolument donner à Dieu ce qui est à Dieu car Dieu est maître de tout, y compris tous les pouvoirs du monde représentés par l’effigie de César. Aucun pouvoir terrestre ne peut usurper la place de Dieu car César lui-même doit rendre compte à Dieu. Dès lors, est balayé, le raccourci de la mauvaise interprétation de certains, selon lequel, l’Église ne doit pas se "mêler des questions politiques", mais s'occuper uniquement du culte. En effet, cette mauvaise et fausse interprétation revient tout simplement à méconnaître totalement le message de l’Evangile du Christ. Nous les chrétiens, par notre foi active, notre charité et notre espérance (Deuxième lecture : 1Th 1,5b), nous ne devons pas « cacher la musique de l’Evangile du Christ » pour reprendre une belle expression du Pape François dans sa troisième lettre encyclique sur la fraternité et l’amitié sociale : Fratelli tutti (FT277). En effet, l’Eglise ne se désengage pas du terrain social, politique, écologique, culturelle et économique ni de la vie des hommes.

Chers frères et Sœurs, je vous invite à prier avec toute l’Eglise pour que « cette musique de l’Evangile ne cesse de retentir dans nos maisons, sur nos places, sur nos lieux de travail, dans la politique et dans l’économie et à lutter pour la dignité de tout homme et de toute femme ». Amen !

Méditation du 29ième dimanche du Temps Ordinaire de l’année liturgique A avec le Père Michel N'Tangu, SJ
17 octobre 2020, 16:23