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Des réfugiés marchent le long du mur hérissé de barbelés qui ceinture le camp de Moria, sur l'île de Lesbos, le 24 août 2020. Ce camp abriterait envrion 2800 personnes. Des réfugiés marchent le long du mur hérissé de barbelés qui ceinture le camp de Moria, sur l'île de Lesbos, le 24 août 2020. Ce camp abriterait envrion 2800 personnes.  (AFP or licensors)

Des religieuses scalabriniennes en mission à Lesbos pour aider les réfugiés

Des sœurs missionnaires de Saint-Charles-Borromée – aussi appelées scalabriniennes – sont présentes depuis le mois de juillet sur l’île grecque de Lesbos, qui accueille des camps de réfugiés, dont celui de Noria. Par leur présence et leurs actions, elles tentent de soulager les souffrances de personnes vivant dans des conditions éprouvantes, mais espérant obtenir un avenir meilleur en Europe.

Avec L’Osservatore Romano

«Parmi tant de ports fermés à Lesbos, on rencontre des cœurs ouverts, de toutes les parties du monde, de toutes les religions, mais avec un dénominateur commun: l'espoir de vivre dans un monde meilleur». Tel est le constat de sœur Milva Caro, religieuse scalabrinienne, supérieure de la province de San Giuseppe-Europe, qui évoque le récent départ d'un groupe de trois religieuses de sa congrégation vers l'île grecque de Lesbos, où vivent actuellement 15 000 réfugiés et personnes déplacées. La mission a été organisée en collaboration avec la Communauté de Sant'Egidio. Malgré les restrictions liées à la pandémie de Covid-19, les missionnaires sont «conscientes de la nécessité d'être avec les réfugiés dans cette période difficile». «Lesbos est l'un des lieux de la planète que le Pape François porte dans son cœur, ajoute sœur Milva, car c'est un couloir humanitaire qui vise à l'intégration des réfugiés». Le 16 avril 2016, le Saint-Père s’était en effet rendu sur l’île où il avait rencontré les réfugiés.

Le sourire des réfugiés

Fin juillet, un premier groupe de sœurs missionnaires de Saint-Charles-Borromée était déjà parti pour apporter une aide aux réfugiés arrivant à Lesbos. L'équipe était alors composée de deux religieuses et de deux jeunes en formation. «Nous venons d'histoires et d'endroits différents dans le monde, et être ici est une note de fierté pour nous, ont-elles commenté dans le premier chapitre de leur journal en ligne, pour ceux qui n'ont pas encore prononcé leurs vœux, il est beau de partir d'ici, dans un endroit où le soleil bat fort, dans un coin du monde connu jusqu'à récemment pour ses plages et sa destination touristique des "pays riches", et qui a pour nous un tout autre aspect».

À leur arrivée à Lesbos, les sœurs ont poursuivi leur récit: «après un voyage qui a le goût du pari de leur vie, les réfugiés vivent dans des tentes ou des cabanes plus ou moins improvisées, des endroits qui deviennent chauds sous cette chaleur. Se tourner vers leurs maisons de fortune ne nous décourage pas pour autant car ils ont un trésor à nous montrer: leur sourire. Les grands le font, mais surtout les petits». Les réfugiés de Lesbos sourient «parce qu'ils ont de l'espoir, parce qu'en Europe ils se sentent plus en sécurité, parce qu'ils ont la possibilité de sentir que nous sommes ici pour les aider, pour essayer de tendre la main avec l'espoir que leur avenir sera plus coloré».

Dès leur arrivée, le premier groupe de missionnaires s'est immédiatement mis au travail pour essayer de comprendre comment donner un coup de main. Elles trouvent de quoi mettre en place un espace de restauration «à l'intérieur d'un vieux moulin à huile». En respectant les mesures de sécurité liées à la covid-19, la capacité atteint environ 300 places.

Le camp est comme un tabernacle

Venir à Lesbos dans le camp de Moria «a été une eucharistie célébrée avec les gens qui arrivaient, qui pouvaient se déplacer, se laver, prendre soin d'eux», se souvient sœur Leticia Gutiérrez Valderrama, une Mexicaine désormais en mission en Espagne, dans une interview à la radio Cope. «Mais les autorités ne donnent pas toujours l'autorisation de se déplacer, précise-t-elle, et nous devons apporter les repas au camp et les distribuer, dans ce lieu où nous pouvons rencontrer le Dieu vivant, enfermé parce que les gens restent confinés dans les limites de la géographie du camp et ne sont pas accueillis favorablement par les habitants. La première impression de la religieuse à son arrivée à Lesbos «a été celle d'un sentiment d'impuissance allié à l'espoir pour toutes les personnes - enfants, familles - enfermées à 38 degrés dans des conditions déplorables et inhumaines, avec très peu d'eau, d'électricité, ou de quoi manger». Mais ces camps constituent pour sœur Leticia, «un tabernacle où je peux rencontrer le Dieu vivant, et pour moi, scalabrinienne, c’est aussi un lieu où Dieu m'invite à me remettre en question et à m'engager. Ici, le Dieu vivant appelle, invoque, pour que faire en sorte que cette réalité d'indignation devienne un lieu de résurrection».

Concrètement, en plus de la préparation des repas quotidiens pour les réfugiés (environ 150 par jour), les missionnaires s'occupent de l'enseignement de la langue anglaise, de la garde des enfants et de la collaboration avec la communauté catholique francophone. «L'accueil est un concept universel, conclut sœur Milva, dans tous les parties du monde, même à l'époque de la Covid-19, tendre une main secourable signifie être humain, donner des petites parcelles d'avenir et d'espoir. Nous marchons sur la pointe des pieds pour demander la permission de faire du bien, comme l'a dit le bienheureux Giovanni-Battista Scalabrini, notre fondateur et père des migrants, en suivant l'exemple de Jésus Christ et en voulant aussi être les bras et les oreilles du pape François à Lesbos».

01 septembre 2020, 17:46