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Le Christ calciné de la cathédrale de Managua après l'incendie. Le Christ calciné de la cathédrale de Managua après l'incendie.   (AFP or licensors)

Attentat contre la cathédrale de Managua: «de la haine contre l'Eglise catholique»

Un homme a lancé vendredi 31 juillet un cocktail Molotov dans l'église, provoquant un incendie qui a notamment endommagé un crucifix. Il n'y a pas eu de blessés, mais l'attentat a suscité une grande indignation dans la communauté catholique.

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Selon des témoins, un homme portant une capuche est entré dans l'église avant de lancer l'engin incendiaire, et a dit à haute voix : «Je viens au sang du Christ», c'est-à-dire au crucifix intitulé "Sang du Christ" situé dans la chapelle du même nom, et manifestement la cible du raid. Un sacristain et un croyant ont été témoins de la scène et ont donné l'alerte. L'incendie a été rapidement éteint mais les dégâts sont importants : le précieux crucifix, âgé de 382 ans, a été sérieusement endommagé. Les sources diocésaines expliquent qu'il est «totalement calciné».

L'archidiocèse de Managua a qualifié l'attentat d'«acte de sacrilège et de blasphème, à condamner absolument» et a appelé à la prière contre les forces du mal. Le cardinal Leopoldo Brenes, archevêque de la capitale du Nicaragua a dénoncé quant à lui un «acte terroriste» contre la pratique de la foi catholique dans le pays. 

Le crucifix du Sang du Christ de Managua est très populaire dans le pays. Dans un communiqué, l'archidiocèse de Managua évoque une «action déplorable» qui «offense et blesse profondément» tous les catholiques car l'image de ce crucifix «est l'une des plus aimées et vénérées par les fidèles» nicaraguayens. 

Ce n'est pas la première fois que des lieux de culte catholiques sont la cibles d'attaques dans le pays, divisé par une grave crise politique depuis le printemps 2018. En juin 2019, plusieurs fidèles avaient été blessés en sortant de la cathédrale de Léon, victimes de jets de pierres. Ils venaient d'assister à la messe célébrée à l’occasion du premier anniversaire de la mort d’un enfant de chœur. La cathédrale de Managua symbolise également les tensions entre le pouvoir et l'Église catholique locale. En novembre dernier, un prêtre et une religieuse avaient été agressés dans la cathédrale alors qu'elle abritait des militants de l'opposition. L'archidiocèse de Managua avait condamné à l'époque «ces actes d'intimidation qui ne contribuent pas à la paix» dans le pays

01 août 2020, 10:07