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Cardinal Louis Raphaël Sako, patriarche de Babylone des Chaldéens Cardinal Louis Raphaël Sako, patriarche de Babylone des Chaldéens 

Le cardinal Sako plaide pour un État laïc en Irak

Le cardinal Louis Raphaël Sako, patriarche de Babylone des Chaldéens, s’est entretenu le 10 août dernier avec Mustafa Al-Kazemi, Premier ministre irakien. Retour sur des échanges qui ont permis d’évoquer la situation des chrétiens et les défis politiques de ce pays encore en proie aux révoltes populaires.

Adélaïde Patrignani / Andrea de Angelis – Cité du Vatican

Les chrétiens ayant fui l’Irak invités à revenir par le gouvernement: c’est le vœu formulé par le Premier ministre irakien Mustafa Al-Kazemi lors de sa rencontre dimanche dernier avec le cardinal Sako, patriarche de Babylone des Chaldéens. «Nous serons heureux de voir les chrétiens retourner en Irak et contribuer à sa reconstruction. Les Irakiens de toutes confessions veulent un nouvel Irak qui croit en la paix et rejette la violence», a déclaré le Premier ministre.

Selon un communiqué publié après la réunion et repris par l'agence de presse de la communauté syriaque Aina, Mustafa Al-Kazemi, nommé à son poste le 7 mai dernier, a déclaré que «l'Irak appartient à tout le monde et les chrétiens sont les enfants du pays».

Le cardinal Sako a pour sa part affirmé que l'Église irakienne soutient les efforts du nouvel exécutif pour rétablir la stabilité et la sécurité. Rappelant que «les chrétiens sont fiers de leur identité irakienne», le patriarche chaldéen a souligné qu'ils se sentent rassurés par l’approche du gouvernement actuel et que beaucoup «veulent retourner en Irak».

Une présence fragile

Des milliers de chrétiens irakiens ont fui le pays à partir de 2014, année funeste marquée par la prise de la plaine de Ninive par les jihadistes de l’État islamique. Depuis la libération de Mossoul et Qaraqosh, leur retour est progressif, mais le climat d’insécurité, les discriminations, les intimidations et le harcèlement dont ils sont victimes compromettent leur présence. Selon un rapport de l’Aide à l’Église en Détresse publié en juillet dernier, leur nombre pourrait atteindre 23 000 d’ici quatre ans.

L'Église locale tente de donc de stopper cette hémorragie, d’abord en se faisant porte-parole de la communauté auprès du gouvernement avec des propositions concrètes.

Le cardinal Sako revient sur les principaux points abordés avec le Premier ministre lors de cet entretien, centrés sur l’amélioration du système politique irakien, avec une séparation entre l’État et les religions, tout en accordant aux chrétiens davantage de considération:

Cardinal Louis Raphaël Sako
13 août 2020, 11:44