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Des manifestants protestant contre le report des élections, à El Alto, le 12 août. Des manifestants protestant contre le report des élections, à El Alto, le 12 août.  (ANSA)

Dans la crise bolivienne, l’Église cherche à éveiller les consciences

La Bolivie vit une période particulièrement difficile de son histoire. Après les élections du 20 octobre 2019 qui ont débouché sur une crise politique majeure avec l’exil de l’ancien président Evo Morales, s’est ajoutée une grave crise sanitaire en raison de la pandémie de Covid-19. Témoignage d’un religieux lazariste qui vit sur place.

Entretien réalisé par Olivier Bonnel-Cité du Vatican 

Plus de 4700 Boliviens sont morts du coronavirus et plus de 112 000 cas de contamination ont été recensés dans le pays, au 25 août, des chiffres en constante augmentation. L’épidémie a aggravé les conditions économiques et sociales de nombreux Boliviens et le fossé entre les partisans de l’ancien président et les forces du gouvernement intérimaire semble se creuser de jour en jour. 

Pendant deux jours, du 19 au 21 août, les évêques boliviens se sont retrouvés pour leur assemblée plénière, organisée virtuellement. L’occasion pour eux d’inviter les responsables politiques à œuvrer à l’unité du pays et à ne pas oublier les plus vulnérables. Les prélats se sont inquiétés des nombreuses fractures dans le pays, invitant chaque camp à ne pas transformer le pays « en champ de bataille ».

Un accord pour les élections

Le report à plusieurs reprises des élections générales (au 6 septembre puis au 18 octobre) en raison de la pandémie de Covid-19 a ravivé les tensions, provoquant la mise en place de barrages routiers sur de nombreux axes du pays de la part des opposants au gouvernement intérimaire. Mais le calme a pu revenir dans le pays et le pouvoir a promis qu’il n’y aurait pas de nouveau report. Une baisse de la tension saluée par Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire pour les droits de l’homme de l’ONU. «J'invite instamment les Boliviens à s'appuyer sur cette résolution pacifique des dernières tensions, étant donné qu'il est essentiel que les élections se déroulent dans le plein respect des droits de l'homme», a-t-elle déclaré le 24 août.

«La Bolivie doit passer de la polarisation qui a marqué le pays pendant si longtemps à une société fondée sur le dialogue, où chacun est intégré et reconnu», a-t-elle ajouté.

Dans ce contexte délicat, l’Eglise bolivienne essaie de faire entendre sa voix en éclairant les consciences et appelant chacun à ses responsabilités. Nous avons recueilli le témoignage du père Cyrille de Nanteuil, supérieur de la mission lazariste dans le pays.

Entretien avec le père Cyrille de Nanteuil
27 août 2020, 09:55