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Un chef indigène est testé dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19 au Brésil Un chef indigène est testé dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19 au Brésil  (AFP or licensors)

Les évêques du Brésil s'opposent au président Bolsonaro sur la gestion de la pandémie

Les évêques brésiliens ont demandé officiellement lundi 13 juillet au Congrès de passer outre les veto posés par le président Jair Bolsonaro contre un projet de loi qui établit des mesures de protection sociale pour éviter la contagion et la diffusion de la Covid-19 dans les territoires indigènes.

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Dans une lettre ouverte au Congrès national, la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) demande d'invalider les veto du président de la République, Jair Bolsonaro, au projet de loi 1142. Plus précisément, la lettre de l'épiscopat demande aux parlementaires de tenir une session du pouvoir législatif afin que les veto du président Jair Bolsonaro sur le projet de loi 1142/2020 soient «analysés et annulés».

 

La loi 1142, en plus d'établir le plan d'urgence pour faire face à la pandémie de Covid-19 dans les territoires indigènes, prévoit des mesures de soutien aux communautés rurales, aux pêcheurs artisanaux et aux communautés traditionnelles, et modifie la loi 8.080 du 19 septembre 1990, afin de garantir la fourniture de ressources supplémentaires dans les situations d'urgence et de calamité publique. Cependant, le gouvernement l'a partiellement approuvé en tant que loi 14.021 mais avec les limitations imposées par le président.

Veto injustifiés et inhumains

Dans ce contexte, la revendication de l'épiscopat qui voit avec «indignation et répudiation» que le texte du projet de loi 1142, «fruit de l'effort collectif des parlementaires, des représentants des communautés indigènes et des organisations de la société civile», a été coupé par le président de la République qui l'a approuvé comme loi 14.021, avec 16 veto. «Ces veto», soutiennent les évêques, «sont éthiquement injustifiés et inhumains, puisqu'ils nient les droits fondamentaux et les garanties pour la vie des peuples originels, ainsi que l'accès à l'eau potable, qui est un droit humain essentiel, fondamental et universel».

Selon l'épiscopat, la justification du président de la République sur un prétendu manque de budget n'est pas viable, dès lors que le Congrès national a approuvé l'amendement dit "Budget de guerre", qui autorise les dépenses nécessaires pour lutter contre la crise générée par la nouvelle pandémie de coronavirus. «Il convient de souligner - les évêques s'y opposent ironiquement - que cette même justification n'a pas empêché l'aide rapide de l'État aux institutions financières».

Constitution violée

La CNBB déclare également que les veto du gouvernement violent la Constitution fédérale car, «en supprimant l'obligation d'accès à l'eau potable et aux produits d'hygiène, la fourniture de lits d'hôpitaux et de soins intensifs, de ventilateurs et d'appareils d'oxygénation du sang, ainsi que d'autres aspects prévus par la loi PL 1142/2020, tels que la nourriture et l'aide d'urgence, les veto violent le principe de la dignité humaine, le droit à la vie et à la santé des peuples indigènes vivant sur leur territoire, selon leurs cultures et traditions».

Le CNBB rappelle que depuis des mois, les peuples indigènes sont confrontés à la pandémie avec un nombre croissant de personnes contaminées et de décès sur leurs territoires. D'où l'appel urgent au Congrès national pour qu'il adopte une position «forte, décisive et définitive» dans la défense de la vie. Pour sa part, l'épiscopat avertit qu'il restera vigilant et continuera à surveiller ce processus. «La mission de défense de la vie est, une fois de plus, entre les mains du Parlement brésilien», conclut-il.

14 juillet 2020, 17:45