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Les enfants syriens sont au coeur des pensées des Églises et communautés juives de Suisse Les enfants syriens sont au coeur des pensées des Églises et communautés juives de Suisse 

Appel des Églises et des communautés juives de Suisse pour les réfugiés

À l'occasion du Dimanche et du Chabbat des réfugiés, les Églises et les communautés juives de Suisse s'unissent et interpellent les autorités pour que les droits des enfants réfugiés soient respectés. «Leurs destins sont les sismographes de notre avenir» écrivent-elles dans un texte intitulé «pas de génération perdue».

Xavier Sartre – Cité du Vatican

La Conférence des évêques suisses, l'Église évangélique réformée de Suisse, l'Église catholique-chrétienne de la Suisse et la Fédération suisse des communautés israélites co-signent un appel aux autorités politiques et juridiques à mettre en œuvre et à respecter les recommandations du Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) en ce qui concerne l'accueil des enfants réfugiés.

Elles demandent ainsi à ce qu'un hébergement approprié des enfants dans les camps d'accueil soit assuré, que soit supprimée la rétention des enfants migrants, qu'une information exhaustive des enfants dans leur langue et adaptée à leur niveau soit disponible, qu'ils reçoivent un soutien individuel par des spécialistes qualifiés quand ils sont non-accompagnés ou séparés de leur famille. Autres recommandations : permettre un accès constructif à l'éducation et accélérer le regroupement familial.

Victimes innocentes et vulnérables

Les Églises et communautés juives placent au cœur de leur réflexion l'enseignement des Écritures qui présentent les enfants comme «une bénédiction de Dieu», «une distinction» qui «nous rappelle nos devoirs envers eux» rappellent les signataires. «Les enfants sont toujours les victimes les plus innocentes et les plus vulnérables des dissensions et de la violence humaines. Leurs destins sont les sismographes de notre avenir. Nos propres perspectives dépendent des espoirs de vie de ces enfants dont Dieu nous a fait don.»

Cette interpellation envers les pouvoirs publics rappelle que plus de la moitié des réfugiés dans le monde sont des enfants et revient plus particulièrement sur le cas de la Syrie où plus de deux millions et demi de mineurs dont dû abandonner leur pays, sans compter ceux qui sont déplacés au sein du territoire national. 60 % des petits Syriens ont ainsi besoin d'aide humanitaire selon l'Unicef.

L'avenir des pays dépend de celui des enfants

«Leurs conditions de vie précaires en font une génération perdue. Quant aux pays que ces enfants ont dû fuir, ils perdent avec eux leur propre avenir» poursuivent les Églises et communautés juives de Suisse. Or, «la question de savoir si ces pays pourront redevenir un jour leur patrie dépend de la manière dont nous traitons les enfants réfugiés. Car les enfants sont le seul fondement sur lequel les régions aujourd'hui en crise peuvent bâtir leur espoir en un lendemain de paix et de dignité humaine», notent-elles.

Mais la situation actuelle de ces enfants ne prête guère à l'optimisme : de nombreux mineurs arrivés en Europe entre 2017 et 2019 ont été renvoyés en Libye d'où ils étaient partis. Et pour ceux qui ont pu rejoindre le Vieux Continent, leurs conditions de vie dans les centres sont difficiles, les laissant sans défense, en proie à la violence et aux abus des adultes ainsi qu'au bon vouloir des autorités et de la bureaucratie.  

11 juin 2020, 18:31