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Une femme prie dans une église de Quezon City, près de Manille, le 7 juin 2020 Une femme prie dans une église de Quezon City, près de Manille, le 7 juin 2020 

Aux Philippines, l’Église met en garde contre les vendeurs de masques «sacrés»

Plusieurs membres de l’Église catholique philippine ont alerté les fidèles ces derniers jours contre des allégations, diffusées sur Internet, concernant l’usage des masques de protection et du gel hydroalcoolique pour se protéger de la Covid-19.

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Si elle suscite de nombreux gestes de solidarité, la pandémie profite aussi à des individus malhonnêtes, comme le montre la mise en garde émise lundi 8 juin par la commission liturgique de l'archidiocèse de Pampanga, dans le nord des Philippines. Celle-ci, rapporte l’agence d’informations UCA News, a condamné des messages publiés sur internet qui promeuvent la vente de désinfectants et de masques soi-disant “sacrés”, ou véhiculent d’autres fausses nouvelles. Elle a aussi mis en garde les catholiques contre tous ceux qui voient dans la crise une opportunité pour s’enrichir.

Pas de substitut à l’eau bénite

Certains articles expliquent ainsi aux Philippins comment l'eau bénite à l'entrée des églises avait été remplacée par de l'alcool ou des désinfectants, aussi utilisés pour bénir les chapelets et autres objets sacrés. D'autres messages affirment que des "masques sacrés" sont le moyen le plus efficace de combattre la Covid-19, en "purifiant" l'air respiré par la personne.

«Il n'y a pas de désinfectant ni d'alcool sacré, a clarifié l’archevêché, ni de consigne de faire le signe de la croix avec. Par ailleurs, il ne faut pas en pulvériser sur les fidèles. Il n'existe pas de substitut à l'eau bénite».

L'utilisation de l'eau bénite à l'entrée des églises et pendant les célébrations, pour empêcher la propagation du coronavirus, avait été suspendue au mois de mars par la conférence épiscopale philippine.

Ne pas abuser de l’ignorance d’autrui

Le père Aureo Pati-an, président de la commission liturgique du diocèse d'Iligan à Mindanao, rappelle lui aussi qu'il n'existe pas de masques sacrés ni de visières sacrées. «Ce sont des stratégies de marketing irrévérencieuses et insensibles qui profitent de ceux qui cherchent désespérément à se protéger pendant cette pandémie», alerte-t-il, rappelant aussi que l'utilisation d'autres composés à la place de l'eau bénite rend le baptême invalide. «J'espère que les gens gagneront de l'argent propre sans tromper leurs compatriotes avec ces expédients», explique-t-il.

L'évêque auxiliaire de Legaspi, Mgr Lucilo B. Quiambao, a également lancé un appel pour que personne ne profite de l'anxiété d’autrui pendant la pandémie. «Ne rendons pas notre situation plus difficile», a déclaré le prélat. «Puisons notre force les uns dans les autres au lieu de profiter de l'ignorance ou du désespoir de nos frères et sœurs».

En mars, la conférence épiscopale des Philippines avait suspendu l'utilisation de l'eau bénite à l'entrée des églises et pendant les célébrations, précisément pour empêcher la propagation du coronavirus.

09 juin 2020, 15:05