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L'église Saint Ambroise de Glasgow (photo d'illustration). L'église Saint Ambroise de Glasgow (photo d'illustration).  (ANSA)

La protection des mineurs, priorité de l'Église d'Écosse

Le deuxième rapport annuel sur les abus sexuels montrent les progrès de l'Église écossaise sur ce thème, même si de nombreux efforts doivent encore être faits pour créer une véritable culture de la protection pour les plus vulnérables.

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La protection des mineurs «reste au centre de la mission de l'Église et le maintien de normes élevées n'est possible que par le contrôle indépendant d'un organisme autonome» : c'est ainsi que Mgr Joseph Toal, président de la Commission épiscopale écossaise pour la pastorale et l'aide sociale, a commenté la publication du deuxième rapport de l'IRG (Independent Review Group) sur le thème des abus. Créé en décembre 2016, l'IRG travaille de manière autonome et a pour mission de surveiller la mise en œuvre par l'Église catholique en Écosse des recommandations de la Commission McLellan. Cette même commission, créée par les évêques en 2013, s'est fixé pour objectif de veiller à la mise en œuvre des procédures de l'Église écossaise en matière d'abus. 

Simplifier les procédures pour les signalements

Le rapport de l'IRG montre tout d'abord que «la situation en Écosse s'améliore», mais qu'il reste beaucoup à faire, notamment pour parvenir à une uniformité des procédures et des méthodes sur l'ensemble du territoire. «Les survivants d'abus sont au cœur de notre travail, explique le groupe, nous devons apprendre d'eux et, par ce biais, mettre en place des structures qui protègent les personnes vulnérables. Nous avons tous un rôle à jouer, non seulement le clergé, mais aussi les laïcs» rappelle l'IRG. 

Parmi les préconisations dressées dans le rapport figurent notamment une simplification des procédures bureaucratiques pour ceux qui veulent signaler les abus en toute sécurité ; une cohérence dans les enquêtes, plus de compassion pour les victimes et une aide professionnelle de haut niveau pour ceux qui en ont besoin. L'objectif du rapport, peut-on encore lire, «n'est pas d'attribuer des éloges ou des reproches ; l'intention est de profiter de l'expérience des autres pour déterminer ce qui fonctionne et ce qui doit être amélioré». L'IRG exhorte ainsi toutes les personnes concernées à travailler avec «courage et volonté d'apprendre».

Le soutien aux victimes, priorité absolue

Le rapport du groupe d'enquête réaffirme par ailleurs que «le soutien aux survivants doit être une priorité absolue pour l'Église catholique en Écosse, car rien ne fera plus que prendre des mesures positives et déterminées pour répondre aux besoins des survivants, pour restaurer la crédibilité publique de l'Église elle-même et pour lui apporter la paix».

Les membres de l'IRG préconisent en outre aux évêques écossais de rédiger un document spécifique, mis à jour sur la base des «théories et pratiques de sauvegarde développées ces dernières années afin de clarifier la politique et la pratique de l'Eglise à l'égard des survivants». L'Église d'Écosse doit enfin renforcer le contrôle externe et une véritable indépendance dans les politiques et les pratiques de sauvegarde de l'Eglise. «Il n'y a pas d'autre moyen pour l'Eglise elle-même d'échapper au soupçon de dissimulation et de secret, qui lui a causé beaucoup de tort» note le rapport. Des décisions difficiles mais indispensables précise t-il.

Une théologie cohérente et convaincante de la sauvegarde est, enfin demandée par le groupe d'enquête indépendant : «Aucun catholique ne peut être laissé dans le doute quant à l'importance de la sauvegarde : elle doit être au centre de l'administration de l'Église, de son culte et de sa théologie ; elle doit être un point fixe dans chaque réunion de la Conférence épiscopale et dans chaque réunion diocésaine» précise le rapport. 

29 juin 2020, 13:05