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La région très pauvre de Cabo Delgado, à l'extrême-nord du Mozambique, est la cible régulière d'attaques djihadistes. La région très pauvre de Cabo Delgado, à l'extrême-nord du Mozambique, est la cible régulière d'attaques djihadistes.   (AFP or licensors)

Au Mozambique, les évêques appellent à la paix à Cabo Delgado

Mettre fin aux «nombreuses atrocités» et aux «actes de véritable barbarie» qui sont perpétrés dans la région de Cabo Delgado, . C’est l’appel lancé par la Conférence épiscopale du Mozambique, à l'issue de son assemblée plénière, qui s'est tenue du 9 au 13 juin à Matola, au séminaire de Saint-Augustin.

À la fin de leurs travaux, les prélats ont diffusé un Message adressé notamment aux fidèles de Cabo Delgado qui, depuis trois ans, sont victimes d'agressions de la part de milices dites "islamiques" des pays voisins ou de rebelles internes. Il y a eu des milliers de morts et plus de 200 000 personnes déplacées à ce jour. Le Cabo Delgado est la seule province à majorité musulmane, et l'une des plus pauvres du Mozambique, éloignée de la capitale Maputo, de 2 500 kilomètres. Une insurrection djihadiste y prospère depuis plusieurs années.

Développement et services essentiels

Une situation dramatique, également au centre du Message "Urbi et Orbi" prononcé par le Pape François le 12 avril dernier, dimanche de Pâques. Déplorant cette situation, les évêques appellent donc à une plus grande «sensibilité et solidarité» de la part de tous, en soulignant la grave crise humanitaire que connaît la région. «Il est urgent d'apporter une réponse à cette tragédie. Nous devons intervenir sur les causes du conflit également par la promotion de projets de développement et la fourniture de services essentiels, tels que ceux liés à la santé et à l'éducation».

En même temps, l’épiscopat mozambicain a exprimé sa gratitude aux nombreuses familles qui ont ouvert leurs maisons pour accueillir les victimes fuyant la violence: cela montre, soulignent-ils, «le grand cœur» du Mozambique.

Pauvreté, chômage, criminalité

En plus de ce message aux fidèles de Cabo Delgado, l'Église catholique de Maputo a également publié une note sur "Vivre la foi en temps de pandémie" : le coronavirus a en effet également frappé ce pays africain, causant plus de 600 morts. La Covid-19, écrivent les évêques, a déclenché une véritable «tempête» au niveau pastoral, socio-économique et du travail. Ses conséquences, en effet, ont été «drastiques»: augmentation de la pauvreté, du chômage et de la criminalité, perte de la qualité de vie, difficultés de subsistance pour les familles et l'Église, suspension des célébrations avec l'aide de la population, ce qui a causé des «souffrances» pour beaucoup. Tout cela s'accompagne d'une désinformation généralisée et d'une mauvaise diffusion des réglementations sanitaires.

Comment vivre la foi, alors, dans ce contexte? Les évêques mettent l’accent sur la famille, «l'Église domestique» qui, dans cette période, a connu de nombreux moments de prière à la maison. Il est également important de relancer et de renforcer les médias comme instrument d'évangélisation, ainsi que l'engagement de tous à être de plus en plus une «Église de la Visitation», c'est-à-dire «miséricordieuse, samaritaine, proche des souffrants et des personnes touchées» par la pandémie. Les prélats du Mozambique exhortent donc «à ne pas stigmatiser les malades de la Covid-19, mais à leur témoigner de la solidarité». Une attention égale est nécessaire pour les personnes les plus pauvres, dont la situation a été encore aggravée par la crise sanitaire.

16 juin 2020, 16:39