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Vatican News
La porte de Brandebourg à Berlin en Allemagne, à l'occasion des commémorations du 8 mai 1945, le 8 mai 2020. La porte de Brandebourg à Berlin en Allemagne, à l'occasion des commémorations du 8 mai 1945, le 8 mai 2020.   (AFP or licensors)

Les jésuites d’Europe appellent les institutions à une conversion

«Une véritable solidarité éthique et sociale» pour faire face aux conséquences multiples de la pandémie. C'est l'appel «urgent» lancé le 8 mai par la Conférence des Provinciaux européens de la Compagnie de Jésus aux institutions de l'UE.

En ce jour où l'Europe a célébré le 75ème anniversaire de la victoire sur le nazisme, la fin de la Seconde Guerre mondiale et le 70ème anniversaire de la déclaration Schuman, les jésuites du Vieux continent appellent à «des réponses solidaires» à la crise actuelle, contre «les pressions isolationnistes et individualistes exercées sur les plus vulnérables en particulier», et sachant que les graves conséquences humaines et sociales de la pandémie au niveau européen et mondial «ne peuvent être combattues qu'ensemble». 

 

«Aucun d'entre nous n'est un individu isolé», souligne avec force le message des Jésuites. Et c'est dans cette «conscience de notre inévitable interconnexion» que naît «le précieux don de la solidarité». De là vient le changement, la "conversion". Selon les Provinciaux des jésuites, «elle doit se manifester par la ferme détermination de consacrer sa vie et son énergie au service du bien commun», comme en témoignent ces semaines-ci dans de nombreux pays «l'engagement infatigable et courageux des travailleurs de la santé, des fonctionnaires et des dirigeants politiques».

Du péché à la solidarité

Pour les instances politiques, poursuit le document, «la conversion signifie transformer les structures du péché qui endommagent les relations entre les individus et les peuples en structures de solidarité ». L'Europe, rappellent les jésuites européens, est le fruit de cette conversion institutionnelle et incarne elle-même cette solidarité, grâce à laquelle, comme l'a souligné le Pape François, elle a pu renaître après les conflits du passé.

Réduire le militaire pour l’humanitaire

Le document enjoint également à repenser le modèle actuel de mondialisation car, selon les mots de François, «on ne peut pas vivre en bonne santé dans un monde malade». En ce sens, l'Europe est également appelée à une «solidarité globale» avec le Sud de la planète, le plus exposé à cette crise.  D'où l'appel répété à l'annulation de la dette des pays pauvres, à l'augmentation de l'aide humanitaire, au renforcement de la coopération au développement et à la réduction des dépenses militaires en faveur des services de santé et des services sociaux.

Enfin, le message insiste sur le sort des réfugiés et des demandeurs d'asile, y compris ceux qui sont confinés en Europe: «La solidarité européenne doit s'étendre d'urgence à eux aussi».

Les Provinciaux des jésuites concluent donc avec l'espoir que la crise puisse être «une occasion spirituelle de conversion», de «changement radical», sachant que «nous ne pouvons pas, en tant qu'individus ou entités politiques, espérer revenir à la "vieille normalité"».

09 mai 2020, 12:23