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Le Musée national de Corée rouvert, le 6 mai 2020 à Séoul. Le Musée national de Corée rouvert, le 6 mai 2020 à Séoul.   (ANSA)

L'appel des évêques sud-coréens pour l'environnement

Les évêques sud-coréens s’inquiètent des effets dévastateurs des anciennes politiques économiques sur le climat. «L'homme n'est pas le maître de la Terre, il est nécessaire de changer de mode de vie et de s'engager à réduire les émissions de gaz», enjoignent-ils.

«Les effets du changement climatique créeront des dommages irréversibles et permanents à l'ensemble de l'écosystème et entraîneront la propagation d'autres virus».

Dans une déclaration, les évêques de Corée du Sud ont exprimé leur inquiétude quant à la reprise des activités économiques et industrielles et aux effets qu'une accélération drastique de la production, après les nombreuses victimes et la crise que cette pandémie a provoquée, pourrait causer. «Encore plus de souffrances et de problèmes». 

«Si nous continuons à promouvoir des politiques économiques telles que celles qui ont marqué la période pré-Covid 19, nous serons appelés à faire face à des catastrophes beaucoup plus graves», s'exclament les prélats en référence au rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) qui parle d'une augmentation moyenne de la température d'un degré et demi.

La hantise d'une crise alimentaire

«Avec cette tendance, nous atteindrons un pic en 2030, et nous serons appelés à faire face à une crise alimentaire sans précédent». La confirmation des données alarmantes publiées par le GIEC, est également venue du Copernicus climate change service (C3S), le programme d'observation de la Terre de l'Union européenne, selon lequel le mois d’avril 2020 a été presque aussi chaud que le mois d’avril 2016, le plus chaud jamais enregistré dans le monde, avec des températures très élevées notamment en Eurasie, au Groenland et en Antarctique. 

La Terre n'est pas nôtre

«En attendant, l'homme continue à être le maître de la terre et à en abuser en la pillant», reprennent les évêques coréens. «La maison commune est en danger et continue à être menacée. La terre n'est pas à nous. Nous sommes donc appelés à l'administrer en vivant ensemble et en protégeant les autres espèces qui le peuplent. Jusqu'à présent, cela n'a pas été le cas, c'est pourquoi nous sommes appelés à changer notre mode de vie», exhortent-ils.

Les évêques indiquent ensuite la voie principale à suivre car «il n'est pas encore trop tard, mais il faut agir maintenant». Les recommandations de l'Église locale partent d'un appel à tous les chrétiens : Sentons-nous impliqués, écrivent-ils, dans une approche différente de l'environnement.

Enfin, les citoyens de bonne volonté et les institutions sont invités à «s'engager à réduire les émissions de gaz et à se concentrer sur les énergies renouvelables» et à créer une «agence nationale» pour faire face à la crise climatique.

En tête des pays les plus pollués

Depuis déjà quelques années, la Corée du Sud figure très souvent en tête des pays asiatiques les plus pollués, avec la Chine et l’Inde. Et pour cause : La Corée reçoit régulièrement la pollution venue de Chine (environ 20% et 30% selon Greenpeace), mais aussi, et surtout, une pollution produite localement.

Pour diminuer cette pollution de l’air, le gouvernement sud-coréen avait tenté de créer de la pluie artificielle au printemps 2019. L’idée était d’ensemencer les nuages avec des particules d'iodure d'argent, afin que ces précipitations artificielles entraînent dans leur chute les particules de pollution.

Les premières évaluations de cette expérience ont été décevantes. Une pluie faible et brumeuse a été détectée pendant quelques minutes, mais «aucune précipitation conséquente n'a été observée», relevait l’administration météorologique coréenne.

07 mai 2020, 11:37