Recherche

Vatican News
Des passants devant l'église Saint-Louis des Français, portes closes, en mars 2020 Des passants devant l'église Saint-Louis des Français, portes closes, en mars 2020  (ANSA)

À Rome, un Triduum Pascal entre «acceptation, douleur et communion»

L’Église s’apprête à entrer dans le Triduum Pascal, ces trois jours liturgiques qui s’ouvrent avec les vêpres du Jeudi Saint pour nous conduire jusqu’au Dimanche de Pâques. Un temps fort bouleversé par le coronavirus dans la plupart des diocèses du monde, où les fidèles ne pourront pas être physiquement présents aux célébrations. C’est le cas à Rome, où nous avons interrogé le père Stefano Cascio, curé de la paroisse San Bonaventura, pour en savoir plus sur la manière dont il vivra ces jours saints dans le diocèse conduit par le Pape François.

Entretien réalisé par Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

La célébration de la Passion, de la mort et de la Résurrection du Seigneur revêtiront cette année une tonalité bien particulière, tant sur le fond que sur la forme, le mystère pascal résumant et rejoignant ce que traverse toute l’humanité, et les rites n’étant pas publics dans la majorité des diocèses, en raison des mesures liées au confinement. Dans les diocèses italiens, les mesures instaurées s'alignent sur les décrets édictés par le gouvernement depuis début mars. À Rome par exemple, depuis le vendredi 13 mars, seules les églises paroissiales sont ouvertes, et tout rassemblement lié à une liturgie ou à une activité pastorale est proscrit. 

Entre manque et créativité

À la paroisse San Bonaventura, dans le sud-est de la périphérie romaine, les idées n’ont pas manqué pour que les célébrations puissent malgré tout être suivies et même préparées par les fidèles: retransmission en streaming, envoi de vidéos pour les stations du chemin de Croix… Et aussi des initiatives concrètes à réaliser chez soi, comme une «crèche pascal» pour les enfants.

«Les célébrations sont faites pour être vécues ensemble, et donc il y a quelque chose de bizarre avec cette absence de personnes», reconnaît le curé de la paroisse, le prêtre franco-italien Stefano Cascio. Le déroulement et le sens de la liturgie, si riche et significative tout au long du Triduum, sont eux aussi modifiés. «C’est un peu dommage pour nous et pour les fidèles», regrette le père Stefano. Mais «le plus important, c’est le message que Jésus nous donne à travers la Semaine Sainte», autrement dit «comment aimer ?», l’amour étant l’essence même de Dieu. Le curé de San Bonaventura insiste aussi sur la «communion», entre les croyants et avec le Seigneur, que la séparation et la douleur, loin de la rendre impossible, intensifient plutôt. Il revient par ailleurs sur son ancrage romain, qui l’ouvre à la dimension universelle de l’Église, spécialement en cette période.

«Acceptation – douleur – communion» est bel et bien le trio lié à ce Triduum pascal, comme l’explique d’abord le père Stefano.

Témoignage du père Stefano Cascio
08 avril 2020, 09:00