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Population du Pérou, en période d'épidémie de coronavirus Population du Pérou, en période d'épidémie de coronavirus  (ANSA)

Covid-19: les évêques péruviens alertent sur la vulnérabilité des peuples indigènes

Face à la pandémie de coronavirus qui frappe durement le Pérou, les évêques appellent les autorités à garantir une protection sanitaire et alimentaire aux populations indigènes.

C’est un cri du cœur, pour alerter face à la vulnérabilité des populations indigènes face à l’épidémie de coronavirus: plusieurs chefs indigènes ont appelé à l'aide internationale face à l'absence de structures, en particulier médicales. Ils ont mis en garde contre un risque d' «ethnocide» craignant la disparition de leurs communautés.

Les évêques péruviens ont eux aussi pris la parole pour sensibiliser aux menaces qui pèsent sur l’Amazonie. Il y a un mois, ils invitaient à prier pour les victimes de la pandémie de Covid-19, alors que le pays enregistrait les premiers décès. Aujourd’hui plus de 21.000 personnes sont contaminées et 634 sont décédées de la maladie.

 

Les évêques, qui représentent les huit vicariats apostoliques de l'Amazonie péruvienne, interpellent le gouvernement et réclament des mesures efficaces, mises en place en coordination avec les organisations indigènes et populaires. Il s’agit en premier lieu d'établir une stratégie sanitaire d'urgence «adaptée à la réalité indigène et rurale de l'Amazonie, en tenant compte de la diversité culturelle, de l'hétérogénéité existante et des connaissances indigènes».

Les peuples d’Amazonie sans défense face au virus

Autre nécessité: garantir l'alimentation, l'hygiène et les produits de nettoyage afin de faire face à la pandémie et au confinement. Le contexte actuel creuse encore d’avantage les inégalités sociales et laisse les plus faibles sans protection, relèvent les évêques. Les populations indigènes sont sans défense face à la maladie, en situation d'isolement ou vivant dans des conditions déplorables à la périphérie des villes, victimes d'exclusion.

Les autorités viennent de prolonger le confinement jusqu'au 10 mai et ont annoncé une aide financière en faveur de plus de 6 millions de familles. Le pays a fermé ses frontières. Ce samedi 25 avril, le ministre péruvien de l'Intérieur Carlos Moran, critiqué pour le grand nombre de policiers contaminés par le coronavirus, a démissionné. Il est le deuxième ministre à quitter son poste depuis la déclaration de l'état d'urgence sanitaire le 16 mars. Le 21 mars dernier, c'est la ministre de la Santé Elizabeth Hinostroza qui avait annoncé sa démission.

25 avril 2020, 12:46