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Les messes étant suspendues et les églises fermées, les familles sont invitées à prier chez elles. Les messes étant suspendues et les églises fermées, les familles sont invitées à prier chez elles.  (ANSA)

Pâques en Égypte: entre rumeurs d'attentats et régularisation d'églises

Les chrétiens orthodoxes du monde entier célébreront la Résurrection du Christ ce dimanche 19 avril. En Egypte, les fidèles ne pourront accéder aux églises qui resteront fermées en raison des mesures de restriction liées à la pandémie de coronavirus.

C’est une fête de Pâques bien particulière que les chrétiens orthodoxes, qui suivent le calendrier julien, célébreront cette année. Comme les catholiques, il y a une semaine, nombreux sont ceux qui ne pourront se rendre dans leurs églises et participer aux diverses liturgies de ces jours saints. C’est le cas par exemple en Égypte, pour les coptes orthodoxes qui représentent la plus importante communauté chrétienne du Moyen-Orient.

Menaces d'attentats

Le début de la Semaine Sainte a en outre été troublé par des informations provenant des services de sécurité et parvenues à l'agence Fides, selon lesquelles une cellule terroriste se préparait à commettre des attentats contre des cibles chrétiennes, justement lors de Pâques ; toujours selon la même source, cette cellule, basée dans un faubourg du Caire, aurait été neutralisée par la police. De quoi raviver de douloureux souvenirs pour cette communauté, victime de plusieurs attentats ces dernières années (notamment en 2017, lorsque deux églises, au Caire et Alexandrie, furent frappées par des bombes alors que les fidèles y étaient réunis pour la messe du dimanche des Rameaux).

Régularisation d'églises

Une bonne nouvelle malgré tout vient de la décision toute récente du gouvernement égyptien de régulariser 74 autres églises, selon les indications de la commission de vérification. Le nombre d'églises et d'édifices ecclésiastiques régularisés dans le pays arrive ainsi à 1 568 depuis l’entrée en vigueur d’une loi sur la construction et la gestion des lieux de culte, ratifiée par le Parlement égyptien le 30 août 2016.

Les églises soumises à l’évaluation de cette commission avaient été, pour la plupart, construites avant l’entrée en vigueur de cette loi. Au cours des décennies écoulées, de nombreuses églises et chapelles avaient été édifiées de manière spontanée, sans autorisation administrative. Ce statut illégal et informel sert encore aujourd’hui de prétexte à des groupes islamistes pour fomenter des violences sectaires contre les chrétiens.

La loi sur les cultes d’août 2016 avait donc représenté pour les communautés chrétiennes égyptiennes un pas en avant par rapport aux 10 règles ajoutées en 1934 à la législation ottomane du ministère de l’Intérieur, qui interdisaient entre autres de construire de nouvelles églises proches des écoles, des canaux, des édifices gouvernementaux, des voies de chemin de fer et des zones résidentielles. Dans de nombreux cas, l’application rigide de ces règles avait empêché de construire des églises dans des villes et des villages habités par des chrétiens, surtout dans les zones rurales de la Haute-Égypte.

(Avec agence Fides)

17 avril 2020, 11:42