Recherche

Vatican News
Eglise Santa Rita, à Turin, le 15 mars 2020 Eglise Santa Rita, à Turin, le 15 mars 2020  (ANSA)

En Italie, l’Eglise étudie un assouplissement des mesures liées au confinement

L’Italie s’achemine vers la «phase 2» des mesures de prévention et de lutte contre le coronavirus, une étape plus souple qui succèdera aux règles strictes mises en place début mars et prolongées au moins jusqu’au 3 mai par un décret gouvernemental. La Conférence Episcopale Italienne (CEI) tente d’élaborer une série de règles en conformité avec cette «phase 2». Elles devraient permettre aux catholiques italiens de pouvoir à nouveau se rassembler dans des églises, mais la prudence restera de mise.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Cela fait bientôt cinq semaines que les catholiques italiens ne peuvent plus participer à une cérémonie religieuse, ni à aucun rassemblement relevant d’une activité pastorale. La plupart des églises de la péninsule restent ouvertes – seulement les églises paroissiales dans certaines villes, comme Rome -, mais uniquement pour la prière individuelle, et en respectant une distance minimale d’un mètre entre les personnes.

Pour beaucoup de fidèles et de pasteurs, le manque d’une vie sacramentelle et communautaire commence à se faire pesant, et la CEI elle-même a reconnu la nécessité d’un progressif retour à la normale, comme l’a expliqué ce 16 avril don Ivan Maffeis, sous-secrétaire de la CEI, à l’agence d’informations ANSA: «Avec toute l’attention requise par l’urgence, nous devons recommencer à habiter l’église, a-t-il expliqué, le pays en a un besoin profond, il y a une demande énorme et y répondre signifie donner une contribution à la cohésion sociale».

En accord avec les autorités gouvernementales

Aussi la Conférence épiscopale s’est-elle attelée à l’élaboration d’un «paquet de propositions», qui seront ensuite soumises au gouvernement italien pour validation, «probablement d’ici la fin de la semaine». «L'Eglise italienne ne peut pas rester immobile, en attendant ce qui se passera à partir du 4 mai et ce que le gouvernement décidera; mais elle veut être le protagoniste, tout en respectant les règles qui seront établies et évidemment sans vouloir prendre aucune mesure ou décision unilatérale», a insisté don Ivan Maffeis, cité cette fois par ADNKronos.

Les évêques de différents diocèses ont collaboré à l'élaboration de ces propositions, en tenant compte du fait qu’il ne sera pas possible de «revenir immédiatement à la vie comme avant». Les mesures concernent bien sûr la célébration des messes, des funérailles,  des baptêmes et des mariages, avec une attention particulière au respect de «la santé de tous, qui reste le principal impératif», selon don Maffeis. Des volontaires pourraient ainsi veiller au respect des distances de sécurité entre les personnes; l’assemblée présente aux funérailles, baptêmes et mariages pourrait être limitée à l’entourage proche.

Accompagner les Italiens dans la douleur

«Une des choses qui nous tient le plus à cœur, a précisé don Maffeis, est l’adieu aux défunts. Nous ne pouvons pas laisser une génération entière et leurs proches être privés du réconfort des sacrements et de marques d’affection, en disparaissant de leur vie et en devenant soudainement invisibles. Il doit y avoir la possibilité de célébrer des funérailles, a-t-il insisté, peut-être uniquement avec les personnes les plus proches, nous ne pouvons pas ne pas être proche de ceux qui souffrent. Trop de personnes souffrent parce que la mort d’un être cher aujourd’hui est comme l’enlèvement d’une personne, certes motivé, mais nous devons prendre sur nous cette douleur du point de vue humain, en plus du point de vue chrétien». Plus de 22 000 personnes ont perdu la vie en Italie depuis le début de la pandémie, et les protocoles drastiques concernant les enterrements ont rendu bien souvent l’étape du deuil très difficile à traverser pour les familles des défunts.

«Notre attitude se veut proactive, sans jamais s’imposer, a enfin expliqué le sous-secrétaire de la CEI, mais la communauté religieuse du pays a ses exigences et se demande comment elle pourra redevenir active, alors que de nombreuses autres activités liées au monde social et professionnel reprennent, ou du moins nous l’espérons, vont reprendre».

(avec Il Messaggero et Avvenire)

 

17 avril 2020, 13:22