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Le Pape François et le cardinal Albert Ranjith. Le Pape François et le cardinal Albert Ranjith.   (Vatican Media)

Au Sri Lanka, un an après les attaques de Pâques, l’Église soutient la lente reconstruction

Le 21 avril 2019 restera une date dramatique dans l'histoire du Sri Lanka: en ce dimanche de Pâques, en effet, plusieurs attentats contre des églises et des hôtels du pays font plus de 300 victimes et des centaines de blessés. Des explosions revendiquées par l’organisation de l’État islamique. Près d'un an plus tard, l'Église catholique locale continue à soutenir les communautés chrétiennes les plus touchées et travaille sans relâche à la reconstruction.

«Les multiples attentats du dimanche de Pâques ont apporté une grande douleur et un grand chagrin. La tragédie nous a tous laissés dans un état de choc, de dévastation et d'incrédulité», peut-on lire sur le site du diocèse de Colombo, capitale sri lankaise.  

Mais malgré tant de douleur, l'Église du Sri Lanka souligne «la générosité significative dont fait preuve le monde entier par la prière, l'amour et le désir de trouver les moyens d'aider les personnes touchées par cet horrible attentat».

La proximité du Pape François

C'est pourquoi, depuis quelque temps, des comptes courants ont été ouverts. Des dons peuvent y être faits pour soutenir directement les victimes des zones et des paroisses les plus touchées.

Immédiatement après les attentats, la solidarité internationale avec le Sri Lanka avait été unanime. La voix du Pape François avait particulièrement compté. Le Saint-Père avait déclaré dans son message Urbi et Orbi de ce même 21 avril 2019: «J'ai appris avec tristesse et peine la nouvelle des graves attentats qui, aujourd'hui encore, jour de Pâques, ont provoqué deuil et douleur dans certaines églises et autres lieux de rencontre au Sri Lanka. Je tiens à exprimer ma proximité affectueuse avec la communauté chrétienne, qui a été frappée alors qu'elle était réunie en prière, et avec toutes les victimes de cette violence cruelle. Je confie au Seigneur tous ceux qui ont tragiquement disparu et je prie pour les blessés et tous ceux qui souffrent à cause de cet événement dramatique».

La christianophobie doit être dénoncée

Quelques jours plus tard, le 3 mai, Mgr Bernardito Auza, alors observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies, participait à New York à une manifestation commémorative en faveur des victimes des attentats au Sri Lanka. À cette occasion, le prélat rappelait que les mots de condamnation ne suffisaient pas pour de tels épisodes, mais qu'il fallait appeler ces attaques, qui sont explicitement antichrétiennes, par leur nom. Si l'islamophobie et l'antisémitisme sont dénoncés, la christianophobie doit également être dénoncée, en a-t-il conclu.

L’enquête sur les commanditaires de l’attentat

L'Eglise catholique du Sri Lanka demandait en mars dernier qu'une enquête sérieuse et transparente soit menée sur les commanditaires des attentats meurtriers de Pâques l'an dernier. Cette requête avait été faite par le cardinal Malcom Ranjith, l'archevêque de Colombo. Lors d'un déplacement à Ragama, dans le nord de la capitale, le cardinal Ranjith a rappelé aux institutions leur nécessaire engagement, de manière urgente, pour comprendre «comment sont intervenus les attentats du 21 avril de l'an dernier et qui a aidé les agresseurs».

Malgré l'ouverture d'une enquête lancée par l'ancien président Maithripala Sirisena, «la procédure semble désormais privée de transparence», regrettait le cardinal. En février dernier, le gouvernement sri lankais a nommé une équipe spéciale de six membres pour aider la police à recueillir des informations sur les commanditaires des attentats.

07 avril 2020, 16:11