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Le crucifix de saint Marcel sur le parvis de la basilique Saint-Pierre Le crucifix de saint Marcel sur le parvis de la basilique Saint-Pierre 

Méditation dominicale: Appelés à vivre dans l’espérance et la foi en Dieu

Le Père jésuite Jean Paul Savi,nous introduit à la méditation avec les lectures du 5ème dimanche de Carême

Chers frères et sœurs, nous célébrons ce cinquième dimanche de Carême dans un contexte assez triste. Nous sommes enfermés soit dans nos maisons, soit dans nos villes ou dans nos pays. Nos églises sont fermées et nous n’avons plus l’occasion de prier ensemble comme communauté chrétienne. Cependant nous sommes invités à prier dans nos familles et dans nos maisons. Dans une telle situation, nous pouvons être pris par le désespoir. Mais les textes de ce dimanche nous invitent à l’espérance et à la foi en Dieu.
Dans la première lecture, le prophète Ezéchiel s’adresse à un peuple qui se trouve sous le joug de l’exil à Babylone. Cette situation du peuple d’Israël, oppressé et anéanti, nous rappelle ou nous fait voir et nous rappelle certains moments difficiles de nos vies et de notre monde ; des moments où nous nous sentons réduits à néant. Mais à travers le prophète Ezéchiel, le Seigneur nous lance un appel d’espérance : « Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter… et je vous ramènerai sur la terre d’Israël » (Ez 37, 12). Le Seigneur nous promet de nous relever de notre misère, de notre difficulté pour nous mener vers une vie plus heureuse et pacifique. Cette promesse du Seigneur n’est autre que notre prière qui s’exprime à travers le psaume de ce jour : « des profondeurs je crie vers toi, Seigneur ; Seigneur, écoute mon appel ! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière » (Ps 129, 1-2). Cette prière s’élève vers un Dieu qui est plein de bonté et de miséricorde. Mais des fois, nous pouvons avoir l’impression que Dieu semble sourd à nos appels. Face aux malheurs de notre vie, face à tant de contaminations et de morts, face à l’absence de remède au mal actuel du monde, la peur et le désespoir peuvent nous saisir. C’est aussi l’expérience que Marie et Marthe avaient vécu.
Impuissantes face à la maladie de leur frère Lazare, elles envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade » (Jn 11, 3). Mais malgré ce message, Jésus est resté encore deux jours là où il se trouvait. Et finalement Lazare meurt. Marie et Marthe ont fait l’expérience du « silence de Dieu » face à leur malheur. Ces deux sœurs ont vécu le deuil, la tristesse et le désespoir. Mais Dieu est-il vraiment sourd à nos prières ? Marie et Marthe n’ont pas compris l’attitude de Jésus. Pourtant, elles n’ont pas perdu foi en Dieu. La foi de Marie et de Marthe nous interpelle face aux vicissitudes de nos vies ; et aujourd’hui, face à la situation de notre monde. Aujourd’hui, nous aimerions dire aussi à Jésus, « Seigneur, celui que tu aimes est malade » ; « Seigneur, l’humanité que tu aimes est malade » ; « Seigneur, si tu avais été là, la mort n’aurait pas ravi ceux qui nous sont chers ». Mais à travers ce récit de la résurrection de Lazare, Jésus nous appelle à ne pas perdre foi en lui, malgré le malheur qui nous afflige. Car, dit-il, « celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » (Jn 11, 25). En effet, sans la foi, tout devient obscur, tout devient difficile. Aujourd’hui, Jésus nous invite à sortir de nos enfermements et de nos ténèbres. Car la foi en la résurrection nous ouvre au mystère de Dieu. La foi en la résurrection nous donne l’espoir d’un monde meilleur. La foi en la résurrection nous fait vivre. En ce dernier dimanche de Carême, que le Seigneur nous accorde la grâce de sortir de nos désespoirs et de nos peurs pour marcher confiants vers Lui qui est Résurrection et Vie.
 

Méditation du 5ème dimanche de Carême
28 mars 2020, 13:22