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Un marché dans le centre-ville de Port-au-Prince, la capitale haïtienne, le 26 mars 2020 Un marché dans le centre-ville de Port-au-Prince, la capitale haïtienne, le 26 mars 2020  (AFP or licensors)

Coronavirus en Haïti: «ce qui arrivera sera catastrophique»

Dans une lettre envoyée à l’agence d’information Fides, le père Renold Antoine, supérieur régional des Rédemptoristes, fait part de son inquiétude face à l’arrivée du Covid-19 en Haïti, où la population, vivant dans la misère et sans système de santé national, est particulièrement vulnérable.

La pandémie de Covid-19 s'étend dans le monde entier, faisant fi des frontières et de la fragilité déjà existante de certains pays, tels qu'Haïti. «Il suffit de voir ce qui se passe dans la rue. Ce qui arrivera sera catastrophique, étant donné que la population vit au jour le jour, et qu'elle ne dispose pas des éléments essentiels pour affronter ce virus», prévient dans sa lettre à l'agence Fides le père Renold Antoine, supérieur régional des Rédemptoristes, résidant en Haïti.

Pas d'eau propre à disposition 

«Le mal que personne ne désirait est arrivé dans le pays, explique-t-il à propos du Covid-19. L'État a déjà confirmé que 8 personnes ont été déclarées positives pour l'instant. Depuis le 19 mars, le président a déclaré l'état d'urgence sanitaire dans tout le pays. Dans le même temps, ont été prises des décisions visant à bloquer la diffusion du virus, dont celle de fermer les églises jusqu'à nouvel ordre. Les prêtres célèbrent le culte sans fidèles et nous retransmettons en direct par les réseaux sociaux» décrit le missionnaire, qui s’inquiète de l’efficacité des mesures préventives au vu de la précarité de la situation actuelle et du manque de moyens à disposition.

«L'eau propre n'existe nulle part pour se laver les mains comme il est nécessaire. L'énergie électrique est absente dans les maisons et il n'existe même pas d'hôpitaux. De nombreuses personnes vivent dans la rue. Il est ensuite très difficile de demeurer à un endroit précis», précise le père Renold Antoine. «En tant que rédemptoristes, nous offrons notre aide non seulement spirituellement mais aussi matériellement en positionnant des réservoirs d'eau dans certains endroits de manière à ce que les personnes puissent au moins se laver les mains. Nous partageons aussi la nourriture avec les plus pauvres» poursuit-il.

 «Que le Seigneur soit miséricordieux envers le pays et sa population parce que nous ne disposons pas d'une infrastructure sanitaire permettant d'affronter une telle crise!», conclut le supérieur régional des rédemptoristes.

Dix ans après le séisme, un pays encore blessé

Haïti, l'un des pays les plus pauvres au monde, a été frappé le 12 janvier 2010 par un tremblement de terre de magnitude 7, qui a fait plus de 200 000 victimes. Le processus de reconstruction avance lentement, malgré l'aide de la communauté internationale. Plus de 300 000 personnes vivent encore dans les bidonvilles et 55% de la population dispose de moins de deux dollars par jour et souffre de la faim.

Dans ce contexte difficile, l'Église ne manque pas de dépenser ses forces: des missionnaires locaux - tels que les camilliens, les rédemptoristes et les scalabriniens - ont agrandi leurs structures sanitaires pour accueillir la population et participé à la reconstruction de villages pour loger les personnes déplacées. Mais Haïti vit encore dans une situation d'urgence sanitaire permanente dans la mesure où n'existe pas de facto de système sanitaire national, les seuls établissements santé étant ceux des ONG et de l'Église catholique.

28 mars 2020, 11:26